Harcèlement : le PDG d’Ubisoft interrogé sur ce qu’il savait

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Par Julie Hay le

Lors de la présentation du bilan du premier trimestre 2020-2021, Yves Guillemot est revenu sur l’affaire qui secoue Ubisoft. Le PDG a dû s’expliquer sur sa responsabilité et sur les décisions qui ont été prises.

Crédits : Ubisoft.

Depuis les révélations, notamment recueillies par Libération, sur le sexisme et le harcèlement sexuel dans ses locaux, Ubisoft est dans la tourmente. Le 2 juillet dernier, le média français publiait une vingtaine de témoignages d’anciens et actuels employés de l’entreprise française de jeu-vidéo. Ils dénonçaient des faits de harcèlement sexuel et d’agressions sexuelles. Selon Eurogamer, lors de la conférence sur les résultats financiers de l’entreprise, le PDG et co-fondateur, Yves Guillemot, aurait été interrogé sur sa responsabilité dans cette affaire par les investisseurs. Visiblement préparé à devoir s’expliquer, Yves Guillemot est revenu sur les décisions qui ont été prises en réponse aux accusations. “A chaque fois que nous avons été mis au courant de ces agissements, nous avons pris des décisions dures et nous nous sommes assurés qu’elles avaient un impact clair et positif, explique le patron du studio. C’est vraiment important. Il est maintenant clair que certains individus ont trahi la confiance que j’avais placée en eux et n’ont pas respecté les valeurs partagées d’Ubisoft.” Depuis les révélations sur cette affaire, de nombreux membres du personnel ont quitté l’entreprise à l’image de Serge Hascoët, responsable de la création et Yannis Mallat, directeur des studios canadiens. Le groupe annonce aussi que plusieurs enquêtes ont été lancées et qu’elles seront menées par des consultants externes indépendants. Une plateforme d’écoute et d’alerte confidentielle a aussi été déployée pour permettre aux employés, ainsi qu’aux personnes externes, de signaler anonymement toute situation de harcèlement ou de discrimination.

En marge du scandale qui secoue l’entreprise, Ubisoft affiche de très bons résultats financiers pour ce premier trimestre de l’année fiscale. Le chiffre d’affaire affiche une hausse de 17,6 % par rapport à l’année dernière. Dans son rapport, la firme annonce que trois franchises ont particulièrement sorti leur épingle du jeu. C’est Just Dance qui s’illustre le plus avec une hausse de plus de 500 % de valeurs nettes comptables (qui traduisent l’intérêt du consommateur) en un an. Assassin’s Creed aura aussi fait des miracles avec 60 %, contre 30 % pour Tom Clancy’s Rainbow Six Siege. Pourtant, Ubisoft s’attend à une baisse de 16 % pour son deuxième trimestre 2020-2021.