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Facebook : Mark Zuckerberg avoue avoir copié ses concurrents

Hier, le Comité d’enquête antitrust de la Chambre des représentants des États-Unis a entendu plusieurs PDGs des plus grandes compagnies américains. Mark Zuckerberg a dû notamment s’exprimer sur les stratégies douteuses de Facebook en matière de concurrence et sur ses intentions envers le marché chinois.

Mark Zuckerber au Facebook F8
Crédits : paz.ca / Flickr.

Facebook est actuellement la cible de plusieurs enquêtes. L’Union européenne s’intéresse actuellement à l’impact sur la concurrence des assistants intelligents de Google, Apple et Amazon mais aussi des algorithmes de Facebook. La société de Mark Zuckerberg a d’ailleurs porté plainte contre le gouvernement européen pour atteinte à la vie privée. Hier, ce même Mark Zuckerberg a été entendu devant le Comité d’enquête antitrust de la Chambre des représentants des États-Unis. Cette dernière tente actuellement de faire la lumière sur le réel pouvoir, et les abus éventuels, des plus importantes compagnies américaines telles que Facebook et Amazon. Interrogé par le biais d’un dispositif de visioconférence à distance, pandémie de COVID-19 oblige, Mark Zuckerberg a répondu à de nombreuses questions sur son influence sur la concurrence ou encore ses relations avec le marché chinois.

Copier pour mieux acheter ?

Le co-fondateur et actuel PDG de Facebook l’a admis : “nous avons certainement adopté des fonctionnalités que d’autres avaient lancé, avant nous.” Autrement dit, pour permettre à Facebook et ses filiales de rester compétitives, Mark Zuckerberg avoue avoir copié les manœuvres de certains de ses concurrents. En cela, il a cité, presque comme une source aussi bien d’inspiration que d’inquiétude, les méthodes des compagnies chinoises. Comme le souligne TechCrunch, le réseau social chinois RenRen a, par exemple, repris des plateformes comme Pinterest et Tumblr à l’identique pour son propre compte. Ce qui inquiète davantage les élus américains, ce n’est pas tant le fait d’imiter ses concurrents mais à quelle fin Facebook s’en est servi. Selon l’élue démocrate et membre du comité en question, Pramila Jayapal, l’entreprise de Mark Zuckerberg n’aurait pas hésité à reprendre ce qui marchait chez les autres pour mieux les forcer à se laisser acheter. Pour illustrer son hypothèse, elle a fait appel à des séries d’e-mails datant de 2012, à l’aube du rachat d’Instagram par Facebook pour un milliard de dollars. Dans l’un des fils de discussion évoqués, le co-fondateur d’Instagram Kevin Systrom aurait reçu ce qu’il considérait comme des menaces de la part de Mark Zuckerberg, le forçant presque à la vente de son application pour éviter une concurrence trop ardue – alors promise par la fonction Facebook Camera. Devant le Comité d’enquête antitrust, Mark Zuckerberg dément avoir imité ses concurrents pour les forcer à un rachat. “J’ai toujours attesté que Instagram était un concurrent pour nous, dans le secteur du partage de photos mobiles, a souligné Mark Zuckerberg lors de son audience hier, indique The Verge. (…) En nous rejoignant, Instagram est certainement passé d’un concurrent à une application que nous pouvions améliorer et populariser auprès d’un plus large public.”

Après Instagram, c’est au tour de l’ultra-populaire appli chinoise, TikTok, d’être dans le radar de Facebook. Comme le dénonce son PDG, Kevin Mayer, dans un communiqué partagé par Gizmodo, la compagnie de Mark Zuckerberg a annoncé le lancement, via Instagram, d’un “copycat” appelé Reels. “Le faux patriotisme de Facebook a pour but de mettre un terme à notre existence aux États-Unis”, clame TikTok. En mai dernier, le PDG de Facebook avait en effet comparé l’utilisation de WhatsApp, sa messagerie chiffrée, à celle de TikTok : “si le premier permet aux militants protestataires de communiquer, le second les censure” avait-il déclaré au quotidien indien Hindustan Times.

La Chine, ennemie ou proie ?

Dans la droite lignée du gouvernement de Donald Trump, Mark Zuckerberg considère donc ouvertement la Chine comme une ennemie. Cependant, comme il l’a affirmé devant la Chambre des représentants, il compte bien s’ouvrir à son marché. “La Chine prépare actuellement sa propre version d’Internet, avec ses propres idées, et compte l’exporter dans d’autres pays, a-t-il indiqué aux élus américains du Comité d’enquête antitrust. (…) Je crois qu’il est important, pour maintenir les valeurs d’ouverture et de tolérance qui ont fait la force de l’économie numérique américaine, d’accueillir les opportunités qui s’ouvrent à elle ailleurs dans le monde.” Seulement, d’après les informations de Gizmodo, Facebook aurait déjà compléter ces paroles par des actes sur le terrain. Le réseau social aurait lancé plusieurs campagnes marketing pour faire profiter les publicitaires chinois de ses technologies d’agrégation des données d’utilisateurs. L’intention, là encore, serait de s’octroyer une position dominante une fois que le marché numérique chinois s’ouvrira davantage.

En réaction à tout cela, l’élue américaine, Pramila Jayapal, s’est permise un commentaire : “le fait qu’une plateforme en position de domination du marché menace l’existence de potentiels rivaux ne devrait pas être considéré comme une pratique commerciale normale. Facebook est un cas d’étude en la matière, selon moi, mais aussi en termes de monopolisation du marché. Cette compagnie récolte et monétise nos données, puis s’en sert pour espionner ses concurrents avant de les copier puis de les acheter ou de les tuer.”

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