La faim dans le monde vaincue grâce à une intelligence artificielle ?

C’est une technique d’intelligence artificielle bien connue, l’apprentissage automatique, qui a permis à une équipe de chercheurs de combiner pas moins de 500 000 études pour trouver une solution à l’un des enjeux les plus importants à l’échelle globale : la faim dans le monde.

Manfred Richter – Pixabay

C’est l’un des objectifs principaux de l’ONU. La faim dans le monde continue de faire des ravages, avec environ 690 millions de personnes touchées par la malnutrition ou la famine dans le monde. Loin de se résorber, le phénomène empire puisque que, sur ces cinq dernières années, on estime qu’il y a eu une augmentation de 60 millions de personnes souffrant de la faim. Pourtant, ce ne sont ni les études scientifiques, ni les rapports en tout genre qui manquent. La preuve avec ces huit nouvelles études, qui sont en réalité un conglomérat de 500 000 autres études et livres blancs concernant le système alimentaire mondial. Et comme les 70 chercheurs qui ont travaillé sur le sujet n’auraient pas pu, à eux seuls, décortiquer ces données, ils ont demandé de l’aide à l’intelligence artificielle.

Les chercheurs du Ceres2030, un groupe de climatologues, de sociologues et d’économistes agricoles qui ont produit ces huit études synthétiques se sont appuyés sur l’apprentissage automatique. Il s’agit d’une méthode algorithmique qui permet de prendre en charge une très grande quantité de données à partir desquelles une IA va « apprendre ». Dans ce cas précis, l’algorithme a mis une semaine à passer en revue 500 000 études sur les pratiques agricoles et les interventions de développement visant à améliorer les rendements ou à réduire la faim par exemple. La principale conclusion des chercheurs est qu’il faudrait investir 14 milliards de dollars par an au cours de la décennie pour mettre fin à la faim, soit le double des niveaux actuels.

Les recommandations tirées de l’apprentissage de l’IA ne s’arrêtent cependant pas aux considérations financières. L’analyse de son apprentissage montre que l’argent doit être dirigé vers des objectifs précis, comme investir dans l’élevage ou améliorer l’accès aux réseaux de données des téléphones portables. Cela améliorerait la productivité et donnerait les moyens aux agriculteurs, grâce à leur téléphone portable connecté, de connaître les prévisions météo. Bref, pas de solutions miracles, mais l’espoir que la technologie sera en mesure d’aider à résoudre ce problème majeur.