Vaccin contre le Covid-19 : la moitié des Français le refuserait

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Par Felix Gouty le

Malgré les annonces encourageants du duo Pfizer-BioNTech concernant leur vaccin, les Français seraient parmi les plus réticents à se faire vacciner contre le COVID-19.

© Angelo Esslinger / whitesession – Pixabay

Hier, les firmes américaines Pfizer et Allemandes BioNTech ont confirmé que leur vaccin avait été estimé « efficace à 90% » contre le virus du COVID-19 en phase 3 (c’est-à-dire, les premiers essais cliniques de masse sur des humains). Les deux laboratoires privés en ont profité pour se projeter : selon les autorisations d’urgence vaccinale obtenues sous peu, 50 millions de doses pourraient être disponibles d’ici la fin de l’année 2020 et près de 1,3 milliard de vaccins en 2021. L’Institut de sondage Ipsos a saisi cette occasion pour interroger à nouveau plusieurs citoyens de quinze pays différents sur leurs positions sur la vaccination. Les Français seraient les plus réticents : seulement 54% d’entre eux seraient prêts à se faire vacciner contre le COVID-19. Selon le site de BFM TV(qui relaie les résultats du sondage en question), c’est même une baisse : ils étaient 59% en août dernier, d’après un précédent sondage.

À titre de comparaison, sur la moyenne des 18 000 personnes interrogées à travers le monde, 73% sont prêtes à se faire vacciner. L’Inde, la Chine et la Corée du Sud sont parmi les trois pays les plus demandeurs. Par ailleurs, par crainte des éventuels effets secondaires, du développement d’une infection ou par opposition à la vaccination en général, seuls 12% des Français interrogés auraient l’intention de se faire injecter le vaccin dès qu’il sera disponible. 54% d’entre eux prévoient, malgré tout, de se faire vacciner au cours de l’année à venir. À l’inverse, une majorité de Brésiliens et de Mexicains comptent se faire vacciner le plus vite possible.

Les chercheurs restent prudents

Plusieurs infectiologues et virologues, interrogés par France Info (qui consacre, aujourd’hui, une journée d’information sur la vaccination), souhaitent néanmoins se montrer prudents à l’égard de ce vaccin anti-COVID-19. Selon eux, plusieurs questions restent en suspens et auront besoin d’une réponse dans les semaines ou mois à venir, avant sa commercialisation à l’international. Jean-Paul Stahl, infectiologue, rappelle l’importance de « s’assurer qu’il n’y a aucun effet secondaire significatif pour pouvoir le mettre sur le marché en toute sécurité. » En dépit de l’urgence sanitaire, ce vaccin « ne doit pas échapper à la règle. » En outre, même s’il est efficace, il est aussi nécessaire de déterminer s’il permet seulement de guérir une personne déjà infectée ou s’il permet aussi de protéger d’une éventuelle contamination des personnes saines. Enfin, les scientifiques insistent sur le fait que les essais cliniques ne sont pas terminés et que d’autres tests – notamment sur des cas graves – doivent encore être menés. De plus, en fonction de leurs résultats et des autorisations obtenues, le vaccin ne sera véritablement disponible, selon eux, qu’au cours du premier trimestre 2021.

Source: BFM TV