Le NFT d’Emily Ratajkowski est un cauchemar du droit d’auteur

Crypto

Par Remi Lou le

Emily Ratajkowski a mis en vente un NFT qui ferait faire des cauchemars à n’importe quel juriste en propriété intellectuelle.

Depuis plusieurs semaines, les NFT font la une de l’actualité tech. Ces jetons cryptographiques qui s’échangent à prix d’or servent à authentifier n’importe quel objet comme unique et infalsifiable, grâce à la technologie de la blockchain. La promesse a définitivement su convaincre, puisque les NFT ont peu à peu gagné de nombreux domaines, comme l’art, la musique, l’immobilier (virtuel), et même le sport. Néanmoins, ces NFT soulèvent régulièrement la question du droit d’auteur. Peut-on « tokeniser » une œuvre déjà existante qui ne nous appartient pas et récolter les fruits de sa vente ? Que se passe-t-il en cas d’image « composite », mettant en scène différents éléments protégés par différents droits d’auteurs ?

Le sujet du droit d’auteur dans le monde des NFT est justement au cœur de cette vente. Le mannequin et actrice Emily Ratajkowski annonce en effet la mise sur le marché d’un NFT visant à se réapproprier son image. Il s’agit d’une photographie d’elle posant devant une œuvre vendue par un artiste et représentant une photographie d’elle issue de son compte Instagram, provenant elle-même d’une image d’un magazine. Vous n’avez rien compris ? C’est normal, et ce sera plus parlant en image.

Crédits : Emily Ratajkowski

Pour bien saisir les tenants et les aboutissements de ce NFT, il convient de retracer son histoire. Comme le racontait Emily Ratajkowski dans son essai The Cut publié l’automne dernier, elle avait pu découvrir avec stupeur qu’une œuvre la représentant en bikini était exposée à la Gagosian Gallery de Madison Avenue. L’œuvre en question, signée Richard Prince et mis en vente à 90 000 dollars, était simplement le tirage sur grand format d’une publication Instagram de l’actrice, qui était elle-même une capture d’écran d’une photo parue plus tôt dans Sports Illustrated. L’actrice avait voulu récupérer cette œuvre mais un autre acheteur a finalement eu gain de cause. Finalement, Emily Ratajkowski est parvenue à s’offrir une deuxième œuvre identique en contactant Richard Prince, pour la modique somme de 81 000 dollars.

Une bataille de l’image

Dans son livre, Emily Ratajkowski expliquait déjà qu’elle gagnait sa vie « en posant pour des photos, et il m’a semblé étrange qu’un artiste chic et très estimé puisse m’arracher un de mes posts Instagram et le vendre comme le sien. »

Comme l’explique l’actrice dans un thread sur Twitter, ce NFT baptisé « Buying Myself Back: A Model for Redistribution » (se racheter soi-même: un modèle de redistribution) est avant tout un moyen de se réapproprier son image et de lutter contre son utilisation abusive par des tiers. « Les œuvres de muses se vendent des millions de dollars et construisent des carrières d’artistes traditionnellement masculins, tandis que les sujets de ces œuvres ne reçoivent rien (…) En utilisant les NFT, j’espère créer symboliquement un précédent pour les femmes et la propriété intellectuelle en ligne, un précédent qui permet aux femmes d’avoir une autorité permanente sur leur image et de recevoir une compensation légitime pour son utilisation et sa distribution » conclut-elle. Ne manquerait plus que Richard Price se mette à son tour à vendre les NFT de ses œuvres pour que le cauchemar du droit d’auteur devienne encore plus trouble.

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