L’Europe autorise le retrait dans l’heure de la “propagande terroriste” sur Internet

Sécurité

Par Amandine Jonniaux le

Les pays membres pourront désormais contraindre une plateforme, même hors de l’UE à retirer dans l’heure des contenus “à caractère terroriste".

© S. Hermann & F. Richter de Pixabay

La lutte contre le terrorisme prend un nouveau tournant en Europe. Mercredi 28 avril, les députés européens ont adopté une nouvelle réglementation permettant aux États membres d’imposer aux plateformes en ligne le retrait en une heure des messages, vidéos et photos faisant le jeu de la “propagande terroriste” à partir de l’année prochaine. Proposé par l’exécutif européen dès 2018, ce nouveau règlement devrait permettre de “porter un coup aux terroristes”, espère la commissaire européenne aux Affaires intérieures Ylva Johansson : “Sans des manuels en ligne pour vous expliquer comment faire, il est plus difficile de fabriquer des bombes. Sans vidéos de propagande, il est plus difficile d’empoisonner l’esprit des jeunes. Sans la diffusion d’attaques en ligne, il est plus difficile d’en inspirer d’autres”.

Convaincues que les réseaux sociaux constituent un “amplificateur considérable” pour les appels à la violence et à la propagande, cette nouvelle réglementation européenne autorisera bientôt les États membres à nommer des autorités compétentes, qui seront chargées d’émettre des injonctions et de définir des sanctions, qui pourront grimper jusqu’à 4% du chiffre d’affaires mondial. Les fournisseurs de services concernés auront alors une heure après réception de l’injonction pour supprimer ou bloquer l’accès au contenu problématique. Chaque procédure fera ensuite l’objet d’une vérification plus approfondie afin de vérifier que la décision de retrait ne viole pas les libertés et droits fondamentaux. Des mesures de réclamations seront également mises à disposition en cas de blocage erroné.

Inquiétude chez les journalistes

Si cette nouvelle législation a pour vocation d’endiguer la prolifération du terrorisme sur les réseaux sociaux, elle suscite aussi l’inquiétude des défenseurs des libertés publiques. Plusieurs dizaines d’organismes à l’image d’Amnesty International, Reporters sans frontières ou Human Rights Watch avaient déjà appelé au rejet de ce texte, qui pourrait pousser les plateformes “à déployer des outils automatisés de modération de contenus”, et ainsi risquer de ne plus différencier les contenus satiriques ou journalistiques de la propagande.