Lancement de l’équivalent d’un NFT pour une œuvre physique avec un tableau de Claude Monet

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Par Gregori Pujol le

A l’occasion de la vente d’un tableau de Claude Monet le 6 juin prochain à Artigny (dans le  Val de Loire), la maison de ventes aux enchères française Rouillac et l’entreprise technologique suisse Artmyn délivreront à l’acheteur un portefeuille digital contenant à la fois l’empreinte digitale, le jumeau numérique et les informations essentielles de l’œuvre. Ce Biometric Art Passport - ou BAP- est aux œuvres d’art “physiques et matérielles” ce que le NFT -ou Non Fungible Token- est aux œuvres digitales.

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Si le système des NFT va permettre de structurer le marché émergent des œuvres d’art numériques et immatérielles échangées en crypto monnaies, le Biometric Art Passport d’Artmyn s’adresse à deux mondes : la nouvelle génération de collectionneurs et de créateurs qui se reconnaissent à travers des nouveaux usages, plus inclusifs et plus décentralisés, et le marché de l’art “traditionnel”.

Claude Monet (1840-1926) – Dieppe – Huile sur toile – 60 x 74 cm Crédit photo : Rouillac

Grâce à sa technologie de numérisation en Ultra-Haute résolution, le scanner d’Artmyn capte les propriétés physiques d’une œuvre sous lumière visible, sous Ultra-Violet (lumière noire), sous infrarouge et sa topographie. Des algorithmes génèrent alors un jumeau numérique de cette œuvre, qui possède “le même ADN” et que l’on peut manipuler depuis un écran comme si on tenait l’original entre les mains. C’est ce double digital qui est conservé dans un BAP et inscrit dans la blockchain. Tout comme les NFT qui sont non fongibles, chaque BAP est également unique.

Avec un NFT, c’est donc généralement le hash d’une œuvre numérique qui est inscrit dans la blockchain, tandis qu’avec le BAP, ce hash renvoie au jumeau numérique de l’œuvre physique. Dans les deux cas, l’ADN de l’œuvre est inscrit dans la blockchain et rendu infalsifiable. L’une des caractéristiques du double digital généré par le scanner d’Artmyn est en effet de posséder une quantité vertigineuse d’informations sur les propriétés physiques de l’œuvre originale. En inscrivant le BAP dans la blockchain, ce double digital devient inviolable et l’œuvre originale devient donc infalsifiable. Autrement dit, Artmyn permet de créer un lien vérifiable, unique, indestructible et inviolable entre l’œuvre physique et les informations inscrites dans la blockchain.

Crédit photo : Artmyn

Avec un tel système, un artiste peut par exemple éditer des œuvres multiples -comme des lithographies- en quantité limitée, sans avoir besoin de les numéroter. Une numérisation permettant d’identifier précisément chacun des exemplaires… Ainsi que les éventuelles copies ! Mais le BAP permet également de conserver et de sécuriser toutes autres sortes d’informations comme la provenance, les certificats d’authenticité, ou les rapports de condition, en les liant à l’œuvre correspondante.

Reste un dernier pas à faire, celui d’introduire les œuvres d’art physiques sur les marketplaces dédiées aux NFT. Il suffirait pour cela de “minter” leurs jumeaux numériques, c’est à dire de créer un token à partir du double digital de l’œuvre originale. Elles pourraient alors être achetées,
échangées, revendues sur les plate-formes spécialisées, comme n’importe quel autre NFT, et pourquoi pas donner lieu à de la spéculation. La frontière n’a pas encore été franchie, mais si le marché souhaitait aller dans cette direction, ce ne serait qu’une simple formalité à accomplir.

Cette œuvre, vendue le 6 juin à la vente Garden Party de la Maison Rouillac est accompagnée d’un BAP (Biometric Art Passport) qui sera remis à l’acheteur. Accessible sur le site de la maison Rouillac, elle sera également visible sur la plateforme d’enchères en ligne Invaluable.