La scène a de quoi surprendre : un morceau de fusée va bientôt s’écraser sur la Lune. Pas une mission contrôlée, ni une tentative d’impact scientifique, mais un simple « oubli » orbital. Le 5 août à 8 h 44 (heure de Paris), un étage supérieur de Falcon 9 devrait frapper la surface lunaire à près de 8.750 km/h. Ouch !
Une trajectoire en roue libre
Cet objet n’est pas arrivé là par hasard. Il remonte à un lancement effectué le 15 janvier 2025, qui transportait deux alunisseurs : Blue Ghost (Firefly Aerospace) et Hakuto-R (ispace). Une fois leur mission enclenchée, les différents éléments de la fusée ont été séparés. Les sondes ont poursuivi leur route vers la Lune avec un succès partiel, la coiffe est retombée sur Terre… et l’étage supérieur, lui, est resté dans l’espace.
Depuis, il tourne autour de la Terre, avec quelques incursions près de la Lune. Rien d’inhabituel : ces étages sont souvent laissés sur des trajectoires peu contrôlées après leur utilisation. Dans ce cas précis, l’objet (identifié comme « 2025-010D ») a été suivi de près par les astronomes, avec plus d’un millier d’observations à la clé. Ce ballet orbital va finir par produire ce qui devait arriver : une rencontre avec la Lune. Sans atmosphère pour le freiner, l’étage de 13,8 mètres de long va s’écraser, probablement près du cratère Einstein.
Faut-il s’inquiéter ? Non. L’impact sera modeste et ne devrait même pas être visible depuis la Terre, malgré une zone théoriquement observable depuis une partie de l’Amérique du Nord et du Sud. Le choc creusera un petit cratère, sans conséquence pour l’environnement lunaire ni pour d’éventuelles installations humaines, puisqu’aucune ne se trouve à proximité.
Ce n’est d’ailleurs pas une première. En 2022, un objet similaire avait été annoncé comme un étage de Falcon 9 avant que les analyses ne montrent qu’il provenait en réalité d’une mission chinoise. Cette fois, les astronomes sont catégoriques : l’objet a été suivi depuis son lancement, et son origine ne fait guère de doute.
Alors, pourquoi laisser traîner ce type de débris ? La réponse tient surtout à des choix techniques et économiques. Rediriger un étage de fusée après usage demande du carburant supplémentaire et une planification plus poussée. Dans bien des cas, les opérateurs préfèrent le laisser évoluer sur une orbite instable, en acceptant qu’il finira tôt ou tard par retomber quelque part, souvent sans conséquence.
Multiplier les objets abandonnés sur des trajectoires incertaines pourrait tout de même poser problème. Une solution existe pourtant : envoyer ces étages sur des orbites de mise au rebut autour du Soleil, où ils ne risquent pas de croiser la Terre ni la Lune. Cela demande un peu plus d’anticipation, mais évite ce genre de collision imprévue.
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