Le chanteur de Pink Floyd gagne finalement son procès sur le jingle de la SNCF

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Par Amandine Jonniaux le

Attaqué par le créateur du célèbre jingle de la SNCF, David Gilmour le chanteur des Pink Floyd a finalement gagné son procès en appel.

couverture de l'album Rattle That Lock de David Gilmour
© David Gilmour

Do, sol, la bémol, mi bémol. Même sans être un mélomane aguerri, vous connaissez forcément ces quatre notes de musique. Depuis 2005, elles sont utilisées comme jingle par la SNCF, et ponctuent chaque annonce micro dans les gares. Si le gimmick est entêtant, il a été l’objet d’un improbable imbroglio judiciaire ces dernières années, opposant David Gilmour le chanteur des Pink Floyd, à son créateur Michaël Boumendil.

L’affaire remonte à 2013, lorsque David Gilmour prend le train à Aix-en-Provence. En entendant le fameux jingle, le chanteur des Pink Floyd a un véritable coup de foudre, au point de charger son agent Paul Loasby d’en obtenir les droits. Après quelques recherches, le musicien Michaël Boumendil, spécialisé dans les jingles d’entreprises accepte finalement de signer un contrat avec Gilmour. La chanson Rattle that Lock pourra exploiter les quatre notes de la SNCF, en contrepartie de quoi le Français devient officiellement coauteur du titre. Selon Capital, Boumendil est ainsi assuré de toucher 12,5% des revenus sur Rattle that Lock, et 25% de son exploitation.

Sans doute galvanisé par ce projet un peu fou, Michaël Boumendil s’empresse de raconter son histoire. Interrogé par RTL le 9 juillet 2015, le musicien ne tarit pas d’éloges sur la prochaine chanson de David Gilmour. Dommage pour lui, cette promotion sauvage – alors que Rattle that Lock n’est même pas encore sorti, ne plaît pas du tout aux producteurs du chanteur. Accusé d’avoir violé ses clauses de confidentialité, le Français est alors écarté de l’album.

La plainte improbable

Après plus d’un an de tensions, Michaël Boumendil finit par attaquer David Gilmour en justice en décembre 2016 pour contrefaçon devant le tribunal de Grande Instance de Paris. Le Français réclame près de 500 000€ de dommages et intérêts au chanteur des Pink Floyd, et argue que leur accord passé en 2014 ne concernait que la cession des droits d’auteur, et pas les droits d’exploitation.

Un premier procès a lieu, et le verdict tombe : David Gilmour est relaxé, et Michaël Boumendil condamné à payer 40 000€ de frais de justice. Pour les juges, l’enthousiasme de Boumendil après la signature de son contrat “n’apparaît pas compatible avec l’hypothèse d’une violation des dispositions contractuelles, qui ont été négociées entre professionnels”. Un coup dur pour le musicien, qui décide de ne pas abandonner, et de porter l’affaire en appel. Là encore, c’est un échec. Comme le rapporte le magazine Capital, la cour d’appel de Paris vient de condamner l’artiste à verser 10 000€ supplémentaires à David Gilmour. C’est donc la fin d’une improbable affaire, qui se conclut après plus de 5 ans de conflit.

Source: Capital