Cette paille spéciale prétend venir à bout du hoquet

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Par Antoine Gautherie le

Un neurologue américain a développé une paille unique en son genre, dont l’objectif est d’arrêter le hoquet. Une drôle d’initiative présentée dans une étude bancale, mais qui semble tout de même avoir un effet bénéfique.

© HiccAway

Le hoquet est un réflexe, déclenché par une stimulation au niveau de l’œsophage. Celui-ci va déclencher des contractions spasmodiques des muscles responsables de l’inspiration. Vient ensuite une constriction de la glotte, responsable du bruit caractéristique. Mais si nous savons comment il démarre, il est parfois plus pénible qu’il n’y paraît de s’en débarrasser. Il existe des tas de “méthodes” plus ou moins sensées qui prétendent y parvenir; poser un glaçon sur son nombril, retenir sa respiration, boire un grand verre d’eau sans s’arrêter, manger un sucre trempé dans du vinaigre…

Mais plutôt que de faire le tour de toutes ces méthodes aux résultats très variables, un neurologue de l’Université du Texas à San Antonio, a décidé de développer la sienne. Afi Seifi s’est donc attelé à la création d’une paille baptisée HiccAway, conçue pour arrêter le hoquet.

Après la campagne KickStarter qui s’est terminée avec succès l’an dernier, le chercheur a fait tester sa paille à 249 volontaires; il a récemment publié dans JAMA Network Open les de cette “étude”.

Une paille “bouchée” pour soigner le hoquet

Pour arrêter le hoquet, son idée consiste à stimuler en même temps un nerf crânien (le nerf vague) et l’un des nerfs les plus importants dans le cadre de la ventilation (le nerf phrénique). Pour ce faire, l’utilisateur doit simplement plonger la paille HiccAway dans un verre d’eau, puis aspirer normalement.

Sauf que cette paille est munie d’une valve à son extrémité; pour aspirer le liquide, il faut donc fournir un effort de succion plus important qu’avec une paille normale. Cette action génère une pression négative importante dans le thorax; le diaphragme s’abaisse, l’épiglotte se ferme, et le hoquet s’arrête. Du moins en théorie.

Pour le savoir, il a testé son produit sur 249 consommateurs qui ont accepté de participer à l’étude. Il leur a proposé une sorte de questionnaire de satisfaction. Ces retours semblent très bons : plus de 90% des personnes sondées ont constaté que HiccAway semblait mieux fonctionner pour eux que les remèdes dits “de grand-mère”’.

Une “étude” encore bancale

Le problème, c’est qu’il est très difficile de juger de la vraie efficacité du produit, car l’”étude” fournie par Afi Seif n’en est pas vraiment une. Elle ne comporte aucune forme de randomisation et aucun échantillon de contrôle. Pour pouvoir tirer de vraies données, il aurait fallu qu’un certain nombre de participants reçoive une fausse HiccAway, sans effet particulier, qui servirait de placebo. De plus, l’échelle utilisée par les testeurs pour noter le bénéfice observé est entièrement subjective. Mais le chercheur est conscient de ces écueils qu’il a explicitement déclarés en conclusion de son papier. On peut donc s’ donc attendre à une nouvelle étude de sa part, avec du matériel statistique solide cette fois.

Le texte de l’étude est disponible ici.