Les expériences de mort imminente seraient le reste d’un mécanisme de survie primitif

Science

Par Antoine Gautherie le

Selon ces chercheurs, les expériences de mort imminente serait une évolution de la technique qui consiste à "faire le mort".

La "lumière au bout du tunnel" est l'une des expériences de mort imminente les plus souvent mentionnées. © Free-Photos - Pixabay

Les expériences de mort imminente (EMI) sont encore bien mystérieuse, mais une nouvelle étude vient de proposer une explication.  D’après des chercheurs des universités de Liège et de Copenhague qui se sont penchés sur ces phénomènes , ils pourraient être liés à la thanatose.

Ce mécanisme de défense et de survie employé par de nombreux animaux est plus connu sous un autre nom : faire le mort. L’étude montre que ce stratagème est resté très populaire dans l’ensemble du règne vivant; il permet à des oiseaux, grenouilles d’échapper à leurs prédateurs en dernier recours. On observe même ce comportement instinctivement chez l’humain; il existe des nombreux cas documentés où un de nos semblables a fait le mort face à un lion, un ours… ou même un autre humain mal intentionné, avec un comportement de prédateur. Ce un thème a même déjà été exploité dans la fiction. La technique a bien failli fonctionner pour Leonardo DiCaprio dans The Revenant,  pour citer un exemple connu.

Un sous-produit de notre développement social ?

D’après l’équipe de recherche, Il pourrait venir du développement des compétences sociales, et surtout linguistiques. “Dans ce papier, nous construisons une série de preuves qui suggèrent que la thanatose serait la fondation évolutive des IME, et que leur utilité commune est de participer à la survie” explique le neurologue Steven Laureys. Grâce à la complexité de nos rapports sociaux et de notre  communication, nous aurions donc développé une autre forme de l’instinct qui peut pousser une souris à faire la morte devant un chat.

L’Ascension vers l’empyrée de Jérôme Bosch, parfois considéré comme l’origine du mythe de la “lumière au bout du tunnel”.

La fameuse “lumière au bout du tunnel” – certainement l’EMI la plus fréquemment mentionnée – ne serait donc qu’une évolution de cet instinct. Et c’est le langage qui aurait permis de transformer ce comportement basique en phénomène sensoriel riche, qui s’étend même aux situations sans prédation.

Cela renforce en tout cas l’idée que les mécanismes de ces IME auraient bien une “origine biologique“. Mais à l’heure actuelle, les tenants et aboutissants de ces phénomènes sont encore bien mystérieux. Il faudra donc en élucider les origines évolutives avant d’espérer comprendre le phénomène dans sa globalité.