Passer au contenu

Des milliardaires américains financent une vaste opération de minage au Groenland

2 min
3 commentaires
Partagez

Bill Gates, Jeff Bezos ou encore Michael Bloomberg font partie des parrains de cette vaste opération d’extraction.

L’industrie de l’électronique consomme aujourd’hui des quantités importantes de métaux rares. Et avec la montée en puissance de l’automobile électrique, cette tendance ne semble certainement pas partie pour s’inverser. Car pour opérer cette transition, encore faut-il disposer des ressources nécessaires; pour s’assurer un approvisionnement durable de ces matériaux stratégiques, sans devoir s’embarrasser de considérations géopolitiques, certains des grands acteurs de la filière ont décidé d’agir. Un consortium de milliardaires américains va ainsi financer une vaste mission de prospection minière au Groenland, menée par les entreprises KoBold Metals et Bluejay Mining,

L’opération aura lieu à proximité de l’île de Disko, sur la côte Ouest du Groenland. Une zone bien connue pour sa géologie capricieuse; d’après les analyses géologiques réalisées par KoBold, le sous-sol de cette zone en particulier serait le théâtre d’une dynamique chimique très intense. De quoi suspecter la présence d’un “gisement de métal à batteries de classe mondiale”, d’après le PDG de KoBold Kurt House.

Les pointures du numérique déjà sur les rangs

Une information qui n’est pas tombée dans l’oreille d’un sourd; des personnalités bien connues aux fortunes colossales comme Bill Gates, Jeff Bezos ou encore Michael Bloomberg n’ont pas tardé à signifier leur intérêt, et ont apporté un financement dans la foulée. Cet argent sera utilisé pour mettre en place les évaluations préliminaires sur le site, et pour effectuer les premières opérations de forage. La licence mise en place couvre l’extraction de platine, de cuivre, de nickel, et de cobalt, dans une zone de la taille du Luxembourg.

Un tel gisement constituerait bien sûr une excellente nouvelle pour les entreprises concernées. Mais évidemment, il ne s’agit pas d’une solution pérenne; ces matériaux se forment au gré de processus chimiques extrêmement longs, bien au-delà de l’espérance de vie humaine. Faire du Groenland une gigantesque carrière à ciel ouvert, cela revient donc à repousser l’inévitable. Une fois la zone complètement éventrée, il faudra donc trouver et exploiter de nouveaux gisements, jusqu’à ce que ces ressources soient complètement épuisées. Nous dépendrons alors intégralement du recyclage de ces ressources, à moins d’avoir trouvé une nouvelle technologie révolutionnaire d’ici là. Une perspective peu réjouissante, quand on observe à quel point le recyclage des produits électroniques se démocratise lentement. On peut même raisonnablement imaginer que certains préféreront se servir directement sur des astéroïdes plutôt que de prendre la peine de valoriser ces déchets…

Articles sauvegardés