L’idée peut sembler folle, mais le docteur Harold G. White y croit dur comme fer. Construire un vaisseau supraluminique. C’est pour beaucoup la seule solution pour rendre le voyage spatial possible. Mais les chercheurs se frottent à un adversaire de taille, les lois de la relativité générale établies par Albert Einstein en 1905. Selon elles, il est impossible de dépasser la vitesse de la lumière (299 792 km/s). Si cela arrivait, l’espace-temps se courberait au point de réduire la vitesse de cette particule en dessous de cette limite.
Depuis 100 ans, les astrophysiciens cherchent à trouver les failles de cette limite, mais même au sein des accélérateurs de particules, rien n’a jamais dépassé la vitesse de la lumière. Aujourd’hui les théories d’Einstein sont globalement admises, et jusqu’à preuve du contraire, toutes les hypothèses les violant sont cataloguées comme incorrectes dans le monde de la physique moderne.
Le principe de la bulle de distorsion
Pourtant, le docteur White pense qu’il existe une alternative permettant d’aller plus vite que la lumière, sans pour autant contredire les lois d’Einstein. Le chercheur base ses travaux sur le principe de la bulle de distorsion. Un système théorique pensé en 1994 par le physicien et mathématicien Miguel Alcubierre. Il permet de voyager plus vite que la lumière en « surfant » sur une vague de l’espace-temps. Le vaisseau créé par White se trouverait immobile au cœur de cette bulle. Cette dernière courberait quant à elle l’espace-temps, en le comprimant sur l’avant et l’agrandissant sur l’arrière. Ce système bien précis permettrait de voyager plus vite que la lumière sans violer les lois d’Einstein.
L’EM Drive : l’autre solution
Aujourd’hui les projets de fusée supraluminique sont nombreux. Un autre chercheur de la NASA, David Burns, avait publié un article en octobre 2019 proposant un modèle de moteur atteignant 99 % de la vitesse de la lumière. Basé sur les travaux de l’EM Drive, un moteur théorique pensé pour la première fois en 2001 par l’ingénieur Roger Shawyer propose de fonctionner sans utiliser de carburant, permettant ainsi une accélération infinie, et donc d’atteindre la vitesse de la lumière.
Seule la première impulsion demanderait une quantité d’énergie colossale. Burns estime que pour reproduire la force d’un doigt sur un clavier il faudrait utiliser la consommation électrique d’une ville de 10 000 habitants.