En 2018, l’Union européenne prononçait une amende record à l’encontre de Google. En cause, l’abus de position dominante du géant du web, qui aurait profité du leadership de son système d’exploitation Android pour favoriser son moteur de recherche Chrome. Condamnée à payer 4,34 milliards d’euros (soit un peu plus de 5 milliards de dollars US), l’entreprise conteste aujourd’hui cette décision de justice, tout en accusant les régulateurs d’avoir fermé les yeux sur le cas — pourtant similaire — d’Apple.
Google veut faire annuler l’amende
En plus de contester fermement les accusations de pratiques anticoncurrentielles, Mountain View reproche à la Commissaire à la concurrence de l’UE d’avoir prononcé de lourdes sanctions à son encontre, tout en ignorant son concurrent Apple, qui privilégierait lui aussi son navigateur Safari sur ses iPhone. Selon l’avocat de Google, “la commission a fermé les yeux sur la véritable dynamique concurrentielle de ce secteur, celle qui oppose Apple et Android”. De plus, le fait de mettre en avant son propre navigateur ne constituerait en rien un abus de position dominante, ce dernier pouvant être remplacé rapidement depuis les stores en ligne.
De son côté, Bruxelles persiste, et estime que le simple fait d’obliger les constructeurs de smartphones Android (qui représentent 80% du marché mobile), constitue pour Google une entrave à la libre concurrence. Pour l’association d’entreprises à l’origine de la plainte lancée en 2015, qui inclut notamment Oracle et Microsoft, cette action de la part du GAFAM aurait été faite “à un moment critique du développement de l’informatique mobile”, permettant ainsi à Chrome de se développer au détriment de ses concurrents.
Cette procédure entamée par Bruxelles est la troisième engagée contre Google par la commissaire à la Concurrence de l’UE, Margrethe Vestager. Aux États-Unis, le groupe est aussi acculé de toutes parts pour ses pratiques antitrusts.