Les offres de SVOD ont beau susciter quelques critiques de la part des diffuseurs historiques, et notamment des défenseurs de la sacro-sainte chronologie des médias française, elles portent aussi leur lot d’avantages. Selon une récente étude menée par l’Union européenne entre 2017 et 2020, leur démocratisation aurait entraîné une baisse drastique du nombre de téléchargements illégaux, tous supports confondus.
Très populaires dans les années 2000 les plateformes de téléchargement illégal dédiées à la musique sont aujourd’hui tombées en désuétude. L’émergence, puis le développement de Deezer, Spotify ou plus récemment YouTube Music nous donnent désormais l’opportunité d’accéder à un large catalogue, disponible n’importe quand et (presque) n’importe où. Une facilité d’accès et des prix abordables, qui ont largement contribué à la fin du piratage. Quelques années plus tard, c’est au tour des séries et du cinéma d’emprunter le même chemin, grâce à l’arrivée sur le marché du géant Netflix, puis d’Amazon Prime video et de
Dans son étude, l’Office de l’Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) indique ainsi une baisse de près de 34% des téléchargements illégaux sur l’année 2020, un record depuis 2017, où la tendance était déjà baissière. On constate en revanche que ce recul n’est pas le même selon les supports. Ainsi, la musique enregistre une baisse du piratage de 41%, le cinéma de 51%, et les séries de 27%. Une hétérogénéité qui s’explique principalement par la fragmentation des offres, mais aussi par la multiplication des séries originales, à l’heure où peu de consommateurs sont abonnés à tous les services existants.
Les séries restent les reines du piratage
Devenues le format de consommation multimédia par excellence, les séries restent donc la cible privilégiée du téléchargement illégal. Pour autant, les Européens font figure de bons élèves, avec “seulement” 5,9 connexions par mois à des sites pirates enregistrés sur un total de 133 milliards de connexions, indique l’étude. Un chiffre légèrement en dessous du palmarès français, qui culmine quant à lui à 6,8 fois par mois.
Face à une offre légale exhaustive et peu contraignante, les internautes semblent donc prêts à mettre la main au portefeuille plutôt que de se risquer à consulter des contenus frauduleux. Reste à savoir si la multiplication des plateformes et l’augmentation constante des prix d’abonnement continuera de mettre tout le monde d’accord, ou si au contraire, cela entraînera le retour de la pratique.