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L’humanité est embarquée dans une “spirale d’autodestruction”

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Après le rapport accablant du GIEC, c’est au tour de l’ONU d’en remettre une couche en mettant les décideurs face à leurs responsabilités.

Les Nations Unies viennent d’émettre leur nouveau Global Assessment Report on Disaster Risk Reduction (GAR2022). Ils s’agit d’un rapport qui tente de proposer des lignes directrices aux gouvernements afin qu’ils soient mieux armés pour tenir compte des “risques systémiques” qui attendent l’humanité au tournant. Et cette édition 2022 repérée par SciencePost est ponctuée d’une conclusion assez dramatique; pour l’ONU, nous sommes en ce moment pris au piège dans une “spirale d’autodestruction”. Et il va falloir consentir à de gros efforts pour s’en extraire.

Cette conclusion tient en grande partie à un constat assez inquiétant. Le rapport estime que l’humanité souffre d’une “perception déformée des risques”, basée sur un “optimisme” pas toujours bien placé qui aurait produit un “sentiment d’invincibilité“, lequel nous aurait conduits à sous-estimer massivement la sévérité de la situation.

Une inconscience particulièrement insidieuse, car elle ralentit considérablement la prise en charge de ces problèmes de fond par les autorités compétentes. Avec des conséquences potentiellement dévastatrices sur l’avenir de notre civilisation.

L’ONU s’attend à ce que le rythme des catastrophes naturelles augmente de 50% d’ici 2030. © Kelly SIkkema – Unsplash

Des catastrophes naturelles qui vont devenir la norme

Dans leur rapport, les équipes de recherche de l’ONU estiment que cette dynamique a pour effet d’inverser les progrès déjà réalisés à l’échelle globale sur des thématiques importantes comme le réchauffement climatique. Une situation qui contribue encore davantage à “exacerber les vulnérabilités existantes”, notamment au niveau de la menace climatique.

350 à 500 catastrophes naturelles d’ampleur moyenne à élevée, comme des glissements de terrain, séismes ou phénomènes météorologiques violents, ont été documentées chaque année sur les deux dernières décennies. Et cette pression est encore amenée à croître sous l’effet du réchauffement climatique. Le GAR2022 explique en effet que ce chiffre pourrait atteindre 560 catastrophes par an… soit 1,5 catastrophe naturelle par jour à l’échelle de la planète.

Une tendance d’autant plus inquiétante que l’intensité et l’échelle de ces phénomènes augmentent également. Sur les cinq dernières années, l’institution a constaté une augmentation significative du nombre de personnes tuées ou directement affectées par ces catastrophes naturelles.

Les pays les plus riches sont relativement bien armés pour les gérer (du moins, pour l’instant…). Mais ces effets se ressentent tout particulièrement dans les pays en développement. Toujours d’après le rapport, ceux-ci perdraient en moyenne 1,6% de leur PIB (!) chaque année suite aux conséquences des catastrophes naturelles, soit 5 à 15 fois plus que les pays les plus riches.

Le rapport interpelle une nouvelle fois les instances dirigeantes sur leur responsabilité dans l’anticipation et la gestion de ces risques. © Frederic Köberl – Unsplash

Une politique de l’autruche qui mène l’humanité à sa perte

“En ignorant délibérément les risques et en échouant à les intégrer au processus de décision, le monde finance activement sa propre destruction”, affirme Mami Mizutoru, représentante du Secrétariat Général de la Réduction des Risques à l’ONU.

“Des secteurs critiques, des gouvernements au développement en passant par les services financiers, doivent repenser la façon dont ils perçoivent les risques de catastrophes et y répondre dans les plus brefs délais”, insiste-t-elle.

“Le monde doit en faire davantage pour incorporer la gestion de ces risques à nos modes de vie, de construction et d’investissement, car ils placent l’humanité dans une spirale d’autodestruction”, avertir Amina J Mohammed, rapporteuse principale du GAR2022.

Les auteurs insistent surtout sur le fait qu’il ne s’agit pas (encore) d’une fatalité, même si certaines conséquences de notre inconscience écologique sont déjà inévitables. “Ces catastrophes peuvent être évitées, mais seulement si les pays investissent suffisamment de temps et de ressources pour réduire ces risques”, insiste Mizutori.

La bonne nouvelle, c’est que les décisions humaines sont les principaux catalyseurs des risques de catastrophes; nous avons donc le pouvoir de réduire considérablement les menaces qui pèsent sur l’humanité. […] Nous devons transformer notre complaisance collective en action”, conclut Amina J. Mohammed.

Un refrain qui, malheureusement, commence à sonner comme un disque rayé après les multiples avertissements déjà émis par des institutions reconnues, à commencer par le fameux GIEC (voir notre article). Espérons donc que les décideurs politiques et les géants de l’industrie parviendront un jour à trouver un terrain d’entente pour nous sortir de cette situation qui commence sérieusement à sentir le roussi.

La version française du communiqué est disponible à cette adresse, et le rapport complet est accessible ici (en anglais).

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