Sur le secteur de la SVOD, la concurrence est rude. Alors que Netflix régnait en maître jusque très récemment, l’arrivée de nouveaux challengers a mis sa position dominante en péril. L’entreprise de Reed Hasting affichait un net recul de son nombre d’abonnés lors de son dernier bilan trimestriel. Disney+ commence doucement à grappiller du terrain, la firme a dépassé ses objectifs pour ce milieu d’année 2022.
Alors qui de Disney+ ou Netflix s’imposera comme numéro 1 ? Aucun des deux ? Un autre concurrent, tout aussi redoutable, fait son grand retour. Selon une étude réalisée par Muso, le téléchargement illégal est en hausse à travers le globe. L’entreprise spécialisée dans le suivi du piratage indique ainsi que le téléchargement illégal a augmenté de 25% au cours des six premiers mois de l’année. Sans surprise, ce sont les productions Netflix qui sont les plus concernées. Ainsi, elle représenterait désormais 16% des contenus piratés dans le monde.
Une offre trop fractionnée ?
Pour les amateurs de séries, toutes les plateformes actuellement disponibles sont attrayantes. Chacun sort l’artillerie lourde pour convaincre de nouveaux utilisateurs, avec des productions très ambitieuses. Mais si vous souhaitez découvrir toutes ces œuvres, la facture est plutôt salée. Elle devrait d’ailleurs l’être encore plus au cours des prochains mois, puisque Disney+ et Amazon Prime Video viennent d’annoncer une hausse de leurs tarifs. Netflix l’avait appliqué il y a quelques mois.
L’arrivée des formules supportées par la publicité ne devrait pas changer la donne. Dans le cas de Disney+, celle-ci adoptera le tarif actuellement proposé par la formule de base, sans publicité, il faudra compter presque trois euros de plus par mois.
Si vous pensiez pouvoir partagé le prix de votre abonnement Netflix avec des amis, là encore, il va falloir changer de stratégie. La plateforme va bientôt restreindre l’accès à un compte, en dehors de la résidence principale.
La crise économique à blâmer
Selon Andy Chatterley, PDG de l’entreprise MUSO, cette dynamique est tout à fait normale. Elle pourrait aussi s’expliquer par la crise économique qui point le bout de son nez dans de nombreux pays du monde.
“Faisant face à un paysage de streaming de plus en plus fracturé, le consommateur fait le calcul et se rend compte que l’accès à toutes les émissions qu’il veut regarder n’est pas une dépense justifiable lorsque sa facture à l’épicerie a doublé et qu’il se rend au travail à vélo ou en covoiturage pour économiser de l’argent sur le carburant.”
Des sites de pirates à la portée de tous
Pirater des films au début des années 2000 n’était pas la portée de tous. Mais alors que les services de streaming se démocratisaient, ceux-ci ont gagné en simplicité. L’arrivée des offres SVOD a aussi drastiquement augmenté la qualité des fichiers partagés. Finis, les films en 240p en version québécoise, les contenus disponibles sont exactement comme sur les plateformes, sauf qu’il ne faut pas mettre la main à la poche.
Adopter une stratégie à la Spotify ?
Du côté de la musique, le piratage n’a plus la même importance qu’il y a quelques années. Il faut dire que l’arrivée de Spotify et consorts a drastiquement facilité la vie des mélomanes. Ils peuvent profiter d’un accès à une très vaste bibliothèque de titres, qu’ils paient un abonnement ou non.
Ceux qui préfèrent bénéficier d’un accès gratuit doivent composer avec la publicité, mais pratiquement toutes les musiques du monde sont à portée de main. “En l’absence d’un guichet unique, comme Spotify l’est pour les amateurs de musique (…) les personnes qui n’ont jamais eu recours au piratage auparavant le trouvent plus attrayant que jamais. Tout ce que vous pourriez souhaiter regarder, au même endroit en quelques clics seulement et gratuitement. Comment ne pas aimer ? “
Des bundles comme solution miracle ?
En France, certains utilisateurs n’ont pas à faire le choix entre plusieurs services SVOD. Canal+ propose par exemple une offre incluant la majeure partie des plateformes SVOD pour un prix avantageux. Avec Canal+ Cine Séries, il est possible de profiter d’un accès à Disney+, Netflix, OCS et Starzplay ainsi qu’à plusieurs chaînes du groupe détenu par Vincent Bolloré.
Le tarif est en revanche assez important, 34,99 euros par mois. Il exclut aussi certaines offres qui ont la cote en ce moment, à commencer par Amazon Prime Video. En revanche, cette approche pourrait être la solution idéale pour contrer la montée en puissance du streaming et du téléchargement illégal. Une destination : toutes les plateformes. Est-ce la voie du succès pour les acteurs de la SVOD ?
Rappelons que l’ARCOM, nouvelle identité issue de la fusion du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et de la Haute Autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur internet (HADOPI), a fait de la lutte contre le piratage sa priorité. Les pirates encourent jusqu’à 1500 euros d’amende.