C’est un nouveau scandale en germe pour les autorités américaines, et tout particulièrement pour les services des douanes. Le Washington Post révèle en effet que les officiers aux frontières postés dans les aéroports aux États-Unis copient près de 10.000 appareils électroniques par an, des données qui peuvent ensuite être examinées. Cela concerne aussi bien les smartphones que les tablettes, mais aussi les PC qui transitent dans les aéroports.
Aucune supervision de la justice
Les données sont conservées pour une période de 15 ans. Les douanes américaines ont toute latitude pour copier le contenu d’un appareil : en fait, dès qu’un inspecteur pense qu’un voyageur pourrait enfreindre la loi, ou dès qu’il a la suspicion que le passager pourrait présenter une menace pour les États-Unis, il a alors tout pouvoir pour ouvrir une enquête. Ce qui signifie que l’agent peut se connecter au smartphone et en copier le contenu, le tout sans l’assentiment ni la supervision d’un juge.
Cette grande souplesse amène évidemment des abus, et beaucoup soupçonnent que des copies de données aient été ordonnées en fonction de l’apparence, de la couleur de peau ou de la religion du voyageur. Cette « suspicion raisonnable » est la porte ouverte à toutes les bavures… Mais le Congrès a eu vent de cette brèche et demande des comptes au gouvernement fédéral, notamment sur l’exploitation de ces énormes bases de données.
Cette nouvelle affaire n’est pas sans rappeler la collecte illégale de données réalisées par la NSA pendant des années, un scandale révélé par Edward Snowden en 2013. L’agence de sécurité a cessé cette pratique en 2019.