Les figurines Funko Pop avec leurs grosses têtes sur un petit corps font le bonheur des collectionneurs, et l’entreprise qui les produit a du flair en décrochant les licences les plus en vue du moment. Qui n’a pas craqué sur une figurine Marvel ou Star Wars ? Funko a profité à plein de la pandémie : les fans enfermés chez eux ont multiplié les achats. En 2021, le groupe engrangeait un milliard de dollars de chiffre d’affaires, soit 58 % de plus qu’en 2020 !
Le stockage coûte trop cher
Malheureusement pour Funko, ce succès n’a pas duré. La réouverture des économies a permis à chacun de retrouver une vie à peu près normale et les ventes de figurines sont retombées à des niveaux normaux. L’entreprise n’a pas anticipé : croyant que la croissance allait perdurer, elle a loué des entrepôts supplémentaires pour stocker une production que le groupe espérait écouler facilement. Ça n’a pas été le cas.
Les coûts de stockage ont plombé les résultats de Funko, qui accuse des pertes de 47 millions de dollars au quatrième trimestre 2022 (contre un bénéfice de 17 millions l’année précédente au même trimestre). Ce résultat catastrophique est la combinaison de facteurs macro-économiques et de problèmes spécifiques à Funo, a admis le PDG Brian Mariotti. Ces difficultés ont perturbé « les performances financières et opérationnelles [de l’entreprise] à un degré inacceptable », a-t-il ajouté.
L’urgence, c’est de réaliser des économies. Funko a donc annoncé la suppression de 10 % de ses effectifs, et dans l’immédiat la société a décidé de vider une partie de ses entrepôts, non pas en organisant des soldes mais… en détruisant des stocks. Funko a déjà rempli à ras bord son centre de distribution basé en Arizona, ce qui a nécessité des containers supplémentaires. De l’espace en plus qui représente de l’argent perdu, et le montant est de plus en plus élevé.
À la fin de l’année dernière, Funko avait sur les bras 246 millions de dollars d’inventaire, soit 48 % de plus qu’il y a un an. Au moins 30 millions de dollars de figurines vont devoir partir à la poubelle : la valeur de ces produits est moins élevée que le coût de leur stockage… La demande en berne par rapport à la période de la crise sanitaire fait donc très mal au fabricant qui veut éviter une surchauffe pouvant lui être fatal.