Passer au contenu

Il faut arrêter les battle pass dans les jeux qui n’en ont pas besoin

2 min
5 commentaires
Partagez

Le cas de figure Suicide Squad : Kill the Justice League confirme une fois de plus les dangers des modèles économiques abusifs.

En 2023, il est temps de dire non aux battle pass et autres microtransactions. En réalité, ce modèle économique n’a rien de foncièrement dangereux. Dans le cas de titres free-to-play, ce peut d’ailleurs être un excellent compromis. D’un côté, les joueurs hardcores dépensent pour obtenir du contenu cosmétique supplémentaire. De l’autre, certains jouent entièrement gratuitement mais sont eux aussi susceptibles de passer à la caisse si le cœur leur en dit. Ce modèle permet alors de subvenir aux besoins de ce que l’on appelle les jeux à services.

Fortnite, Apex Legends et même Overwatch depuis le lancement de la seconde version ont prouvé que cette approche est même plutôt efficace. Seulement, ce sont aussi des formules qui demandent beaucoup d’investissement. Si un battle pass reste abordable (10€ en moyenne), il faut allouer de nombreuses heures au titre en question pour espérer rentabiliser cet achat. Si ce n’est techniquement pas un problème pour les utilisateurs réguliers, la condition actuelle de l’industrie du jeu vidéo complique largement la chose.

Ce modèle s’est largement démocratisé et s’impose dans tous les titres les plus populaires. Désormais, cette mode concerne également les jeux financés par leur prix d’entrée. Comment convaincre les communautés de dépenser 10€ de plus par mois pour un titre qui en vaut déjà 80€ ? La réponse est simple : c’est impossible.

Échec sur échec

Visiblement, l’exemple de Marvel’s Avengers n’aura pas suffi à refroidir les studios de développement. En voulant jouer sur deux terrains distincts, le titre de Crystal Dynamics n’a jamais su trouver son public. Un mode histoire couplé a une dimension multijoueur loin d’être maîtrisé et couronné d’un battle pass cosmétique décevant ont eu raison du jeu d’action aventure. Ce modèle devait financer plusieurs années de DLC gratuit : finalement, seule une extension majeure aura vu le jour sous la forme de “War For Wakanda“.

Cette malédiction s’attaque désormais au clan DC avec Suicide Squad : Kill the Justice League. Le titre révélé en 2020 rencontre un développement des plus chaotiques. Après plusieurs reports, les aventures de Harley Quinn, King Shark, Deadshot et Captain Boomerang devaient débuter en mai prochain. Mais après une présentation décevante dans un State of Play de février dernier, le studio Rocksteady va devoir revoir son approche.

Rien dans ce gameplay mou ne donnait envie de contribuer au battle pass et au système de progression mis en avant au cours de la démonstration. Seulement quelques semaines plus tard, le jeu était à nouveau repoussé pour peaufiner l’expérience de jeu. Ce report initialement présenté comme court va désormais s’étendre jusqu’en février 2024. Un tel report ne peut signifier qu’une chose : un remaniement de la direction du titre pour s’adapter aux attentes des joueurs.

https://twitter.com/suicidesquadRS/status/1646593761022038017?s=20

Éditeurs comme développeurs doivent écouteur les joueurs : les sessions de jeu doivent être un moment de plaisir et non une corvée pour compléter des missions dans un temps donné.

Articles sauvegardés