Le 15 juin dernier, le Parlement européen a validé un projet de loi attendu de longue date au cours d’une de ses sessions plénières à Strasbourg. Comme avec le port de charge unique et la fin des blocs secteur, le vieux continent entend réduire encore davantage l’impact environnemental de nos appareils électroniques, en imposant aux constructeurs l’utilisation d’une batterie amovible. Destinée à encourager la réparabilité, l’économie circulaire et le développement durable, on fait le point sur cette nouvelle mesure.
Retour vers le passé pour mieux appréhender l’avenir
Au début de l’essor du smartphone, la plupart de nos terminaux profitaient déjà d’une batterie amovible, qu’il était souvent nécessaire d’enlever pour insérer les cartes SIM et MicroSD. Cette habitude a peu à peu disparu du marché, au profit d’accumulateurs plus fins directement collés aux composants du téléphone. Si le fait de souder la batterie au reste du terminal revêt quelques avantages — notamment la possibilité d’affiner encore plus ses modèles — elle a surtout pour effet d’empêcher la réparation, obligeant fréquemment les consommateurs et consommatrices à faire appel à des réparateurs agréés, et fatalement onéreux. Cette impossibilité de changer l’un des consommables les plus fragiles du smartphone profite ainsi à l’obsolescence programmée et à la surconsommation.
Jeudi dernier, le Parlement européen a ainsi pris les choses à bras-le-corps, en validant un projet déjà connu de longue date par les sphères politiques et écologistes. Pour lutter contre l’obsolescence programmée, les fabricants devront bientôt permettre aux consommateurs de retirer et de remplacer eux-mêmes leurs batteries de smartphones. Ces dernières devront quant à elle êtes accessibles à la vente en cas de besoin. Cette décision claire et assumée de promouvoir la réparabilité des appareils électroniques qui nous entourent au quotidien entrera en application dès l’année 2027. Elle devrait aussi permettre de faciliter le travail des reconditionneurs, qui connaissent un gain de popularité important depuis quelques mois face au marché du neuf.
La batterie, première étape d’un changement global
Cette proposition de loi ne concerne d’ailleurs pas que le remplacement des batteries. D’ici à 2031, les fabricants devront aussi faire en sorte d’améliorer considérablement le taux de recyclage des accumulateurs. À termes, 80% du lithium et 95% des métaux qui composent une batterie devront être réutilisables. L’ensemble de ces propositions sera prochainement débattu plus en détail afin d’en affiner les tenants et les aboutissants. Reste que le texte a fait la quasi-unanimité, avec 587 voix favorables pour seulement 9 contre.
L’initiative débutera par les smartphones à l’orée des années 2030, mais devrait rapidement s’étendre au reste du parc électronique. Les tablettes, les ordinateurs et les voitures électriques seront, eux aussi, concernés par le projet de loi final.