L’idée de SolarGaps a germé dans l’esprit de Yevgen Erik, inspiré par le mouvement des tournesols suivant le soleil. Ayant constaté que les panneaux solaires sur le toit de sa maison ne suffisaient pas à compenser sa consommation d’énergie en été, il a conçu des volets solaires capables de capter l’énergie du soleil tout en offrant de l’ombre à l’intérieur des habitations. « Nous perdons énormément d’énergie à travers les fenêtres », explique Erik au Kyiv Independent.
Une solution face à la guerre et aux coupures d’électricité
Les volets solaires SolarGaps sont composés de panneaux solaires intégrés dans des lames métalliques, qui se fixent à l’extérieur des fenêtres et s’orientent automatiquement en fonction du soleil. Ils peuvent être contrôlés via une application mobile ou des systèmes de domotique comme Alexa et Google Home. Selon Erik, ces volets permettent de réduire les factures d’électricité de 50 à 70 %, voire de les annuler totalement pour les utilisateurs disposant d’une batterie de stockage.
Lancé grâce à une campagne Kickstarter ayant levé plus de 100.000 dollars, le projet a rapidement attiré l’attention des investisseurs. SolarGaps a ainsi récolté près de 1,5 million de dollars en investissements et 1 million de subventions de la Commission européenne. Depuis, les volets solaires de l’entreprise sont installés dans des milliers de foyers à travers le monde, notamment en Allemagne, en Suisse et en Italie, où la demande pour des solutions énergétiques renouvelables est en forte croissance.
La guerre en Ukraine a donné une nouvelle dimension à l’importance de SolarGaps. Depuis que la Russie a intensifié ses attaques sur les infrastructures énergétiques ukrainiennes, de nombreux citoyens se tournent vers ces volets pour pallier les coupures d’électricité. « Les Ukrainiens veulent survivre. Ils connectent SolarGaps à des batteries pour continuer à vivre normalement malgré les coupures », témoigne Erik.
Malgré les défis imposés par l’invasion russe, SolarGaps n’a jamais cessé de fonctionner. L’entreprise a même réalisé d’importants projets en Suisse et au Canada pendant les premiers mois de la guerre. Toutefois, certains employés ont dû quitter leur poste pour participer à la production de drones ou rejoindre le front, réduisant l’équipe principale à une poignée de personnes, réparties entre l’Ukraine, l’Europe et les États-Unis.
Pour maintenir la production en Ukraine tout en minimisant les coûts, Erik a dû revoir ses ambitions à la baisse. L’entreprise continue certes de se concentrer sur l’expansion et le développement de ses produits, mais ses marges bénéficiaires restent faibles, avec un prix de départ de 400 euros pour un peu moins d’1 mètre carré de volets. SolarGaps génère ainsi un chiffre d’affaires annuel compris entre 200.000 et 300.000 $. Pas si mal en temps de guerre.
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