La nouvelle était tombée en fin de semaine dernière, elle est désormais officielle. Vendredi 25 octobre dernier, Free confirmait être victime d’une cyberattaque, ayant entraîné le vol de certaines données de ses abonnés. Sur le moment, l’opérateur ne s’était pas épanché sur la nature et de volume de ces données personnelles. De son côté, le hacker présumé s’était montré beaucoup plus bavard, faisant état de plus de 5 millions d’IBAN — français pour la très grande majorité — appartenant aux abonnés de l’entreprise. Au total, ce sont 5,11 millions de données bancaires qui auraient été dérobées, faisant de l’incident l’une des cyberattaques les plus importantes jamais enregistrées contre un opérateur téléphonique français.
100 000 IBAN en guise de preuve
Ce week-end vers 4h30 du matin, rapportent nos confrères d’Univers Freebox, le hacker présumé a voulu frapper fort, en diffusant gratuitement un échantillon de 100 000 IBAN sur un site de vente du dark web. Si les données exposées viennent à être confirmées par l’entreprise, ce ne sera qu’une question de temps avant de voir les 5 millions d’identifiants bancaires supplémentaires être vendus aux plus offrants.
En plus de s’offrir une publicité de choix pour les internautes malveillants qui voudraient acquérir illégalement les données bancaires des clients Free, le hacker aurait aussi lancé cette contre-offensive pour mettre en défaut l’opérateur de Xavier Niel. Plus tôt cette semaine, et malgré nos sollicitations, Free avait en effet assuré qu’aucun mot de passe ni carte bancaire n’ont été dérobés, mais s’était bien gardé de mentionner les IBAN. En guise de punition médiatique, le hacker a décidé de jouer les trubles fêtes, en livrant 100 000 IBAN en pâture aux cybercriminels, tout en reprenant ironiquement le titre du livre de Xavier Niel récemment publié : “Une sacrée envie de foutre le bordel“.
Free ne négocie pas
Après avoir mis en vente les données récoltées chez Free à 10 000€, les enchères sont finalement montées à 65 000€. “J’ai donné la possibilité à Free SAS d’acheter sa propre base de données en une seule vente jusqu’à présent pour éviter des conséquences très dramatiques et inquiétantes pour tous ses clients, mais sans aucune réponse de leur part pour l’instant“.
Malheureusement, ce genre de situation semble être voué à se répéter. Suite à la cyberattaque qui a frappé SFR au mois de septembre, il est fortement recommandé de mettre en place toutes les mesures de sécurité possible afin d’éviter d’éventuelles répercussions. De nombreuses fonctionnalités permettent aujourd’hui de se protéger sans trop d’efforts. Les gestionnaires de mots de passe sont désormais intégrés à la plupart des smartphones et des navigateurs et sont un outil essentiel pour éviter le piratage de comptes. Pensez également à activer l’authentification à deux facteurs lorsque les sites et applications vous le proposent.