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Des caméras à l’IA : GoPro change de propriétaire

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GoPro, longtemps synonyme de caméras d’action, va passer sous le contrôle de Starman Optical dans une opération à 285 millions de dollars. La marque promet de continuer à vendre ses caméras, mais son futur pourrait aussi se jouer dans l’IA, les composants optiques, l’aérospatial et la défense.

GoPro a trouvé un acheteur, et ce n’est pas un autre fabricant de caméras. L’entreprise a signé un accord définitif avec Starman Optical, une société américaine spécialisée dans l’optique-photonique. L’opération prévoit 285 millions de dollars en cash pour les actionnaires, soit 1,14 dollar par action, ainsi que le remboursement d’environ 92 millions de dollars de dette.

Une vente qui arrive au bon moment

Les actionnaires actuels garderont aussi environ 10 % de la nouvelle société, qui restera cotée en Bourse. L’accord doit encore être approuvé par les actionnaires et par les autorités. L’opération devrait être finalisée avant la fin de l’année.

Ce rachat tombe après une année compliquée. GoPro a supprimé 23 % de ses effectifs et les derniers résultats n’étaient pas vraiment ceux qu’on encadre au mur : chiffre d’affaires en baisse de 31 %, ventes de caméras en recul de 38 %, perte nette de 51 millions de dollars et seulement 27,3 millions de dollars de trésorerie.

Autre détail étrange : le YouTubeur Mark Fischbach (« Markiplier ») est récemment devenu le plus gros actionnaire individuel de GoPro, avec 8,5 % du capital. Sa participation, déclarée le 20 août, portait toutefois sur des actions détenues depuis le 13 juillet, avant l’accord avec Starman. Les deux événements se télescopent dans l’actualité, mais ne semblent pas liés à l’origine.

Starman Optical appartient à Starman Holding, un groupe contrôlé par Charles Tebele. Son univers est assez large : accessoires sous les marques Incase, Incipio, Survivor ou Griffin, distribution, produits médicaux, semi-conducteurs, immobilier. Plus récemment, Starman s’est lancé dans les émetteurs-récepteurs optiques, ces modules qui font circuler les données entre GPU, serveurs et équipements réseau dans les centres de données IA.

C’est là que GoPro entre dans une nouvelle aventure. Nick Woodman, son fondateur et patron, présente désormais l’entreprise comme un acteur américain de l’imagerie et des solutions optiques, avec des applications possibles dans la sécurité nationale, l’IA, l’aérospatial et la défense. Starman, de son côté, insiste sur la production américaine de composants critiques.

GoPro apporte une marque connue, une vraie expertise dans les caméras compactes et robustes, et plus de 2.500 brevets liés à l’optique et à l’imagerie. L’entreprise avait déjà annoncé en avril vouloir explorer des activités dans la défense et l’aérospatial.

Et les caméras dans tout ça ? GoPro assure que les produits actuels, les abonnements et les services cloud continueront d’être pris en charge. La gamme existante restera en production et disponible à l’achat. On peut se demander quelle sera la place que ces caméras garderont dans une société désormais tournée aussi vers l’IA et les marchés publics.

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