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Ce constructeur auto est au plus mal, pourra-t-il se sauver ?

Le patron de Neta Auto s’est plié en quatre (littéralement) pour calmer ses partenaires : livraisons qui ne sont pas honorées, pièces détachées introuvables, réseau de distribution à bout de nerfs… Le constructeur chinois de voitures électriques traverse une zone de turbulences sévère. Pour s’en sortir, il coupe dans ses dépenses, parie sur l’international et demande à ses fournisseurs de lui faire confiance un peu plus longtemps.

C’est une scène rare dans l’industrie auto : Fang Yunzhou, fondateur et désormais patron opérationnel de Neta Auto, s’incline profondément devant un parterre de concessionnaires furieux. La vidéo a vite circulé en Chine, symbole d’un constructeur au bord de la rupture. En cause, des dizaines de véhicules jamais livrés alors qu’ils ont été réglés intégralement, des primes non versées depuis l’automne 2024, et un service après-vente totalement à l’arrêt.

Des concessionnaires à bout de patience

Fang Yunzhou promet de remettre les pièces détachées en circulation avant fin avril, et de régler les problèmes de livraison dans la foulée. Sauf que, pour l’instant, aucune feuille de route claire n’a été publiée. Le malaise remonte à fin 2023, quand les premiers signaux d’alerte ont clignoté : licenciements massifs, salaires rabotés, usines à l’arrêt, fournisseurs non payés… Neta s’est rapidement retrouvé en mode survie.

À ce stade, même les chiffres de ventes font mal : à peine 487 voitures écoulées en janvier et février 2025, dont moins de 300 pour son modèle phare. Pas de quoi rassurer, surtout quand on sait que d’autres startups chinoises ont déjà fermé boutique avec de meilleures performances.

Pour sortir la tête de l’eau, Neta tente un pari : l’international. Direction la Thaïlande, où la marque s’est installée en 2022. Bonne pioche : au dernier salon auto, elle a enregistré 1.219 commandes, et vise 10.000 ventes cette année. Une usine locale va assembler le Neta X à partir de juillet. En parallèle, la société a sécurisé une ligne de crédit de 215 millions de dollars pour tenir la cadence.

Côté finances, Neta a convaincu 134 de ses fournisseurs (dont les mastodontes CATL et Gotion) de convertir leurs créances en actions, pour un total de 2,75 milliards de dollars. En substance, ces partenaires acceptent de ne pas être payés tout de suite, en espérant que la marque se redresse… et finisse en Bourse. Un pari loin d’être sans risque.

D’autres financements sont en cours. L’objectif, selon le dirigeant : atteindre l’équilibre en 2025, redevenir rentable en 2026, et vendre autant en Chine qu’à l’étranger d’ici deux à trois ans. Reste à voir si les conducteurs — et les investisseurs — suivront encore la route.

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