Officialisé en début d’année, la Nintendo Switch 2 a fait l’objet d’une présentation plus détaillée en avril dernier. L’événement Direct a permis d’en savoir plus sur les fonctionnalités de la console et les titres à venir, mais les amateurs de détails techniques sont un peu restés sur leur faim. En effet, la firme nippone ne s’est pas étendu sur les entrailles de sa dernière console alors même que la puissance de la Switch 2 fait l’objet de nombreuses interrogations depuis quelques mois. Si la première Switch a connu un succès colossal, sa puissance limitée est souvent pointée du doigt et Nintendo doit forcément se mettre au niveau en 2025.
Toujours équipée d’une puce NVIDIA, la Switch 2 sera beaucoup plus puissante que sa grande sœur. Il est en revanche difficile de savoir exactement à quel point cela chamboulera l’expérience des joueurs, mais de nouveaux leaks nous en apprennent davantage sur le cœur de la console. Ces informations proviennent de l’analyse d’une carte mère prétendument officielle de la console, obtenue sur le marché de l’occasion en Chine. Ce même marché où l’on retrouve fréquemment des échantillons d’ingénierie de processeurs. L’acquisition de cette carte mère aurait coûté environ 1 000 yuans, soit environ 123 euros.
Il est important de noter que la carte mère en question n’est pas fonctionnelle ; elle s’allume mais n’affiche rien. Il s’agirait probablement d’une pièce défectueuse destinée à la destruction, ce qui n’empêche pas de réaliser une analyse approfondie. Celle-ci a été menée par Kurnarl, connu sur X pour ses examens détaillés de puces, et Geekerwan, un youtubeur adepte des tests.
Le cœur de la bête : le SoC NVIDIA T239
Les différences sources s’accordent sur l’utilisation par Nintendo d’un SoC NVIDIA T239 custom. Cette référence avait déjà été évoquée par un informateur bien connu, Kopite7kimi, dès juin 2021. L’analyse révèle plusieurs détails clés sur cette puce, à commencer par le fait qu’elle repose sur l’architecture Ampere de NVIDIA. C’est la même architecture GPU que l’on retrouve dans les cartes graphiques GeForce RTX série 30, bien que dans une configuration bien moins puissante pour la console.
Dans le détail, ce SoC intègre 1 536 cœurs CUDA et embarque 8 cœurs ARM Cortex-A78C, ainsi que 4 Mo de cache L2 partagé. Il bénéficie d’une gravure Samsung 8N (8 nm) et la puce mesure 207 mm², soit environ deux fois la taille du Tegra X1 de la Switch actuelle. Cette taille est similaire à celle du GPU GA107, utilisé notamment dans la RTX 2050 mobile et basé sur l’architecture Ampere, mais cette carte dispose de 2 048 cœurs.

Le T239 attendu dans la Switch 2 serait un dérivé du GA10F et la suite de l’analyse de la carte mère mentionne la présence de deux modules de mémoire Hynix LPDDR5 de 6 Go chacun, pour un total de 12 Go. Cette mémoire utilise un bus mémoire de 128 bits et est qualifiée à 8533 MT/s, bien que les vitesses réelles en usage commercial pourraient être inférieures, comme le rappel nos confrères du Comptoir du Hardware.
Performances de la Nintendo Switch 2 : à quoi s’attendre ?
Sans connaître les fréquences exactes du SoC, il est difficile de déterminer précisément sa puissance. Cependant, Geekerwan a réalisé une simulation en utilisant un GPU RTX 2050, qui partage la même architecture Ampere. Bien que cette simulation ne soit pas parfaitement précise en raison de l’incertitude sur les vitesses d’horloge, elle offre une estimation intéressante :
- Mode docké : la simulation suggère que la Switch 2 pourrait offrir des performances proches d’une GTX 1050 Ti, notamment grâce au support du DLSS.
- Mode portable : en mode nomade, la puissance estimée se situerait autour d’une GTX 750 Ti.
Comparée à la Switch de première génération équipée du Tegra X1, ces estimations placent la Switch 2 comme étant environ 7 à 7,5 fois plus puissante. C’est une amélioration considérable, même si cela ne correspond pas à la promesse d’une puissance « 10 fois supérieure » telles qu’annoncée par NVIDIA. Au jeu des comparaisons avec d’autres consoles, on note que sa puce graphique devance celle d’une PlayStation 4, en portable et en docké, mais reste loin d’une Xbox Series S. Le CPU aurait plus de mal à se démarquer et serait beaucoup moins puissant que celui d’un Steam Deck.
Ces fuites et analyses offrent un aperçu des entrailles de la future console de Nintendo, mais elles devront être confirmées par des tests sur la console officielle. Les données pourraient être différentes en conditions réelles et de nombreux facteurs sont à prendre en compte, à commencer par le fait qu’il s’agit d’une console hybride compacte. Elle est soumise à des contraintes thermiques et énergétiques importantes, plus que sur des consoles standards ou les PC de jeux actuels.
🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.