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Une caméra reliée aux autorités sera-t-elle bientôt obligatoire dans les voitures ?

La rumeur enfle sur les réseaux sociaux : à partir de 2026, une caméra embarquée, reliée en temps réel aux autorités, deviendrait obligatoire dans toutes les voitures neuves en Europe.

Depuis plusieurs semaines, des publications devenues virales sur les réseaux affirment qu’une caméra connectée surveillera bientôt chaque conducteur, enregistrant ses moindres faits et gestes pour les transmettre directement aux autorités. À l’origine de cette affirmation, on retrouve un règlement européen adopté en 2019, qui prévoit la mise en place progressive, dans certains véhicules neufs, d’outils automatisés de sécurité et d’un enregistreur de données d’événement (EDR).

Des caméras dans les voitures ?

Cette psychose, sur fond de crainte d’une surveillance massive et automatisée, repose bien sur une directive existante à l’échelle européenne. Mais elle n’est ni récente, ni aussi catégorique. Si la réglementation évolue effectivement vers davantage d’assistance et de sécurité, elle ne prévoit ni transmission continue des images ni accès généralisé des forces de l’ordre aux données des conducteurs.

Ce que dit vraiment la loi

Le règlement (UE) 2019/2144, adopté en 2019, impose progressivement l’intégration de nouveaux dispositifs de sécurité dans les véhicules neufs. Parmi eux figurent :

  • Un système d’adaptation intelligente de la vitesse (ISA)
  • Des alertes de somnolence et de distraction du conducteur
  • Un enregistreur de données d’événement (EDR)

À partir de juillet 2024, tous les nouveaux modèles homologués en Europe doivent intégrer ces systèmes, et dès juillet 2026, l’obligation s’étendra à toutes les nouvelles immatriculations.

Des caméras embarquées ? oui mais…

Les caméras embarquées, aussi appelées Driver Monitoring System (DMS), sont conçues pour détecter la somnolence ou la distraction du conducteur. Leur objectif est d’alerter ce dernier en cas de perte d’attention. Contrairement à ce qui est affirmé sur les réseaux sociaux, il ne s’agit donc pas d’un système de surveillance à distance, mais d’un simple dispositif de sécurité. Les données collectées resteront localisées dans le véhicule et ne seront ni transmises ni accessibles en temps réel par les autorités. Un point confirmé par le ministère de la Transition écologique auprès de l’AFP.

Concernant l’EDR, aussi appelé boîte noire, un enregistrement sera bien accessible, mais seulement en cas d’accident. De plus, le dispositif ne captera que les données techniques (vitesse, freinage, port de la ceinture, force de collision) sur une période très courte, quelques secondes avant et après l’impact. Aucune donnée personnelle, image, son ou conversation n’est concernée. De plus, l’accès à ces informations sera strictement réservé aux enquêteurs, autorités judiciaires ou instituts de recherche. Plus concrètement, l’EDR ne permettra pas d’identifier le conducteur, le propriétaire ou les passagers du véhicule, et les données seront automatiquement effacées après traitement.

Pourquoi les réseaux sociaux s’enflamment ?

Plusieurs facteurs expliquent la persistance de cette rumeur : méconnaissance des technologies embarquées, souvent perçues comme intrusives, amalgame entre les dispositifs de sécurité et les outils de surveillance… Comme souvent, les fake news prolifèrent, et les réseaux sociaux jouent le rôle de catalyseur. Reste que derrière le texte de loi adopté il y a maintenant six ans, l’Union européenne vise une réduction drastique du nombre de morts sur les routes d’ici à 2050. Cette ambition ne se traduira pas par une surveillance policière généralisée, mais par l’ajout de dispositifs encadrés par le RGPD et les textes européens, garantissant la confidentialité des données collectées.

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