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« Foudre » : le lance-roquettes made in France qui veut faire mieux que le HIMARS américain

Le système « Foudre », conçu dans l’ombre par Turgis & Gaillard, arrive pile au moment où l’armée de Terre manque cruellement de lance-roquettes. Compatible avec les munitions françaises et étrangères, transportable en avion, prêt à tirer… il pourrait éviter à la France de devoir acheter du matériel étranger, et s’imposer comme une solution durable.

L’armée de Terre n’a plus que neuf Lance-roquettes unitaires (LRU) en état de marche. Et encore, trois sont en mission en Roumanie, et certains servent même de banque de pièces détachées. Bref, le stock fond à vue d’œil. Le hic ? Ces systèmes, mis en service dans les années 90, ne seront plus utilisables d’ici 2027, faute de composants.

Un trou dans l’arsenal français

La Loi de programmation militaire (LPM) prévoit bien de nouveaux lance-roquettes d’ici 2030, via le programme FLP-T, confié à deux tandems industriels : Thales avec ArianeGroup, et MBDA avec Safran. Mais les premiers prototypes ne seront testés qu’en 2026. C’est tard, surtout si on veut pouvoir déployer une division capable de frapper loin à partir de 2027.

C’est là qu’entre en scène un troisième larron : Foudre. Ce projet développé par Turgis & Gaillard n’avait encore jamais été évoqué publiquement, mais un rapport parlementaire l’a mis en lumière fin avril. Depuis, l’entreprise a décidé d’accélérer sa présentation.

Monté sur un camion Kerax 6×6 de Renault Trucks, Foudre mise sur la simplicité et l’efficacité : il n’a pas besoin de stabilisateurs pour tirer, peut être transporté par avion (A400M ou C-130), et se repositionne vite pour éviter les ripostes ennemies. Une sorte de HIMARS à la française, mais plus léger.

Côté armement, il peut tirer des roquettes M31 de 227 mm (les mêmes que les HIMARS), mais aussi des missiles ATACMS ou PrSM, et même des missiles de croisière MBDA avec une portée jusqu’à 1.000 km. Il serait aussi compatible avec les roquettes indiennes Pinaka. Bref, un vrai couteau suisse de l’artillerie longue portée.

Le système est fabriqué en France : châssis en Charente, intégration en Lozère. Il fonctionne avec ODIN, un système de communication maison, et peut dialoguer avec le drone Aarok pour former une chaîne détection-frappe totalement souveraine.

Ni MBDA ni Thales ne voient ce projet comme un concurrent direct : Foudre pourrait cohabiter avec leurs munitions. Et côté politique, les signaux sont plutôt positifs. Le ministre des Armées a déjà visité les ateliers, et un premier test du drone Aarok est attendu avant le salon du Bourget. Si tout se passe bien, une décision d’achat pourrait tomber dès la rentrée.

Pas mal pour un projet développé discrètement, sans gros consortium ni financement public. Et surtout, il permettrait à la France d’éviter de devoir acheter des HIMARS américains ou des lance-roquettes coréens.

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