Passer au contenu

Pourquoi les radars de chantiers sont en augmentation de plus de 60% ?

Ils fleurissent un peu partout, parfois cachés derrière un panneau ou sous une bâche, prêts à flasher les automobilistes imprudents.

Les radars autonomes, mieux connus sous le nom de « radars de chantiers », connaissent une augmentation spectaculaire en France. À l’origine réservés aux seules zones de travaux, ils investissent désormais de nouvelles portions routières avec une rapidité déconcertante. Mais pourquoi ces radars sont-ils devenus si nombreux, et que signifie réellement cette hausse pour les automobilistes ?

Des chiffres éloquents

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la France comptait environ 330 radars de chantiers début 2024, et ce nombre pourrait atteindre près de 550 d’ici la fin de l’année, soit une augmentation impressionnante de 67 %. Une expansion majeure, décidée par le gouvernement afin d’améliorer la sécurité routière, mais qui n’est pas sans impact direct sur le porte-monnaie des conducteurs.

Chaque radar autonome affiche en effet une rentabilité exceptionnelle. Selon les statistiques fournies par les autorités, un seul radar de chantier enregistre entre 17 000 et 20 000 infractions par an. C’est jusqu’à quatre fois plus qu’un radar fixe traditionnel, ce qui en fait un véritable jackpot financier pour l’État. Ainsi, bien qu’ils représentent seulement 8 % du parc total des radars français, ces dispositifs génèrent entre 25 % et 35 % des recettes liées aux amendes !

Sécurité routière ou jackpot ?

Mais si ces radars rapportent gros, leur principale justification reste la sécurité routière. Initialement conçus pour protéger les travailleurs sur les zones de travaux, leur utilisation s’étend aujourd’hui aux portions de routes où les accidents sont fréquents ou là où les limitations de vitesse sont souvent ignorées.

Leur grande mobilité est également un atout majeur. Installés sur des remorques, ils peuvent être déplacés facilement, généralement toutes les trois à quatre semaines. Cela leur permet non seulement de surprendre les automobilistes – qui n’ont pas toujours le temps de repérer leur nouvel emplacement – mais aussi d’être déployés très rapidement sur des points noirs de la sécurité routière.

Outre leur mobilité et leur efficacité, ces radars profitent d’une technologie toujours plus poussée. La dernière génération utilise notamment le Lidar 2D, une technologie permettant de contrôler simultanément plusieurs voies de circulation et les véhicules circulant dans les deux sens. À terme, ils pourront détecter bien plus que les simples excès de vitesse, comme les distances de sécurité non respectées, le non-port de la ceinture, ou encore l’usage du téléphone au volant.

Les automobilistes pris de vitesse

Face à cette multiplication rapide et ces avancées technologiques, les automobilistes français doivent redoubler de vigilance. Certains dénoncent déjà une forme de « piège permanent » visant davantage à remplir les caisses de l’État qu’à véritablement améliorer la sécurité sur les routes.

Mais pour les pouvoirs publics, l’équation est claire : plus de radars, c’est moins d’accidents. En 2023, selon la Sécurité routière, les zones équipées de radars autonomes ont vu le nombre d’accidents graves baisser significativement, une tendance que les autorités espèrent bien confirmer avec ce déploiement massif en cours.

D’ici 2026, ils pourraient représenter une part encore plus conséquente du dispositif de sécurité routière, avec toujours cette même promesse : réduire la vitesse, pour diminuer la mortalité sur les routes.

🟣 Pour ne manquer aucune news sur le Journal du Geek, suivez-nous sur Google et sur notre canal WhatsApp. Et si vous nous adorez, on a une newsletter tous les matins.

Mode