La sortie de la série Murderbot sur Apple TV+ s’impose comme le nouveau phénomène SF de ce mois de mai. Après Silo et Severance, la plateforme frappe fort avec l’adaptation de la saga littéraire Journal d’un AssaSynth, de Martha Wells. Fidèle à l’humour et à l’irrévérence des romans, les 10 épisodes de cette première saison offrent un aperçu brillant de la vie d’un androïde renégat, entre ses missions de protection rapprochée et le visionnage de ses sitcoms préférées.
Dans l’épisode 1, alors que le personnage principal est en pleine réparation, Mensah autant que les téléspectateurs découvrent, non sans un certain étonnement, que les SecUnits ne possèdent aucun appareil génital. À la place de leur pénis, on ne trouve… rien du tout.

Dans Murderbot, on retrouve plusieurs typologies de personnages. Entre les humains et des robots, on retrouve les humains augmentés (humains donc, mais qui ont fait le choix de se faire implanter des éléments technologiques pour accroître leurs capacités), et les androïdes, fabriqués à partir de tissus humains clonés et de composants mécaniques, destinés à servir un but précis. Les SecUnit sont des hybrides mi-humains, mi-machines, conçus pour assurer la sécurité de leurs clients dans des environnements hostiles. Partant de ce principe, ils sont explicitement dépourvus de toute caractéristique sexuelle, qu’il s’agisse de pénis, de vagin ou d’attributs secondaires. De la même manière, ils sont théoriquement incapables de ressentir de l’attirance ou des sentiments amoureux.
Ce choix de conception répond à une logique fonctionnelle : les SecUnits ne sont pas créés pour le plaisir ou la reproduction, mais pour la sécurité et la protection. Cette absence de caractéristique génitale est aussi un reflet de leur identité agenre et asexuée. Une neutralité qui se retrouve tout au long des romans de Martha Wells. Dans un futur où les intelligences artificielles et les hybrides sont monnaie courante, le genre devient une question de fonctionnalité et de perception sociale, plutôt qu’une donnée biologique ou obligatoire.
Et les sexbots ?
Le fait de désérotiser les SecUnits jusque dans leur absence d’organes génitaux permet de distinguer clairement les rôles et d’éviter la projection de fantasmes humains sur des entités qui n’en partagent ni les besoins, ni les désirs. Le héros lui-même exprime un profond malaise face à la sexualisation, trouvant les scènes de sexe dans les séries ennuyeuses.
Cette distinction n’exclut pas les robots du fantasme humain, bien au contraire. Dans l’univers de Murderbot, seuls les sexbots sont dotés d’organes sexuels, car leur fonction l’exige. Pour un SecUnit, la présence d’un pénis serait non seulement inutile, mais aussi source de complications potentielles, qu’elles soient techniques (entretien, vulnérabilité physique) ou sociales (perception, sexualisation).
En filigrane, l’autrice questionne aussi la tendance humaine à sexualiser les robots et les intelligences artificielles. Sur le plan narratif, l’absence de pénis chez les SecUnit possède un intérêt. Ce choix de la Compagnie, à la fois pragmatique et philosophique, permet surtout d’explorer des thèmes profonds sur la nature de l’identité sexuelle. Reste que les séries favorites du personnage principal font la part belle à la transgression. Dans Lune Sanctuaire, le capitaine humain entretien une liaison avec une androïde.
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