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55 hommes arrêtés dans un vaste réseau pédocriminel sur Telegram

Une opération d’envergure menée par l’Office des mineurs a permis l’interpellation de dizaines de suspects, parmi lesquels un prêtre, un ambulancier et plusieurs pères de famille. Ces hommes sont soupçonnés d’avoir échangé des contenus pédopornographiques via Telegram et d’entretenir des liens avec des pédocriminels « extrêmement dangereux ».

La semaine dernière, des enquêteurs de l’Office des mineurs (Ofmin) et de 40 services de police judiciaire ont procédé à des interpellations dans 42 départements français. Cette opération, réalisé une enquête minutieuse, visait à démanteler un réseau de pédocriminalité particulièrement actif sur Telegram.

Infiltration de longue haleine

Les suspects présentent des profils troublants. Parmi eux figurent du personnel médical, un militaire, un professeur de musique, un ambulancier et même un curé. « Cette cinquantaine d’individus interpellés ont des profils particulièrement inquiétants, ce n’est pas seulement un coup de filet dans le milieu des téléchargements et de la diffusion de contenus pédopornographiques », a précisé une source proche de l’enquête à RTL.

Les mis en cause sont poursuivis à minima pour détention, diffusion et consultation habituelle de contenus pédopornographiques concernant des enfants de moins de dix ans.

Parmi les personnes interpellées, certaines nient leur appartenance au réseau. « J’ai été interpellé en effet mais je ne fais pas partie du réseau du tout », se défend l’une d’elles auprès de BFMTV, avouant toutefois « avoir consommé à une époque des photos ». Les suspects sont actuellement soit déjà déférés, soit passés en comparution immédiate, soit en cours de déferrement.

L’enquête a débuté l’été dernier avec l’arrestation de pédocriminels qui abusaient d’enfants et diffusaient leurs méfaits sur Telegram. « Derrière ces abuseurs avérés d’enfants, il a fallu dix mois d’enquête pour parvenir à ce coup de filet. Dix mois d’infiltration de milliers d’échanges, d’analyse et de détection d’images pédos par une task force montée à l’Ofmin », explique le commissaire Quentin Bevan, chef du pôle opérationnel de l’Ofmin.

Les enquêteurs sous couverture ont infiltré les canaux de discussion Telegram utilisés par ces réseaux. Ils ont assisté à de nombreuses conversations et établi une liste de cibles prioritaires selon trois critères précis : les individus ayant des antécédents judiciaires, ceux qui sont pères ou grands-pères et ont exprimé leur volonté de passer à l’acte, et enfin ceux exerçant des métiers sensibles avec des enfants dans leur environnement.

Les conversations interceptées révèlent la gravité des intentions de certains suspects. L’un d’eux proposait sa jeune fille de 10 ans pour des rapports sexuels, tandis qu’un autre prétendait avoir déjà violé l’une de ses proches pendant qu’elle dormait. « Le travail désormais est de déterminer qui est véritablement passé à l’acte et qui s’en vantait », explique une source proche de l’enquête.

Pour le commissaire Quentin Bevan, « Telegram reste toujours la plateforme privilégiée des pédocriminels ». Bien qu’il reconnaisse des progrès dans la coopération de la plateforme avec les enquêteurs depuis l’interpellation en août dernier de son patron Pavel Durov au Bourget, il estime que Telegram remplit « à peine le minimum de ses obligations légales » dans ce domaine.

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