La nouvelle vient de tomber. Après des années de déboires juridiques, le géant des sites pornographiques Aylo annonce le blocage imminent de ses sites Pornhub, Youporn et Redtube. Le couperet tombera dès demain après-midi, mais les rumeurs résonnent depuis déjà un moment dans les couloirs de l’entreprise. En cause, les récentes réglementations entrées en vigueur, qui impose une vérification drastique de la majorité des internautes. Face à une situation jugée insolvable, l’entreprise a préféré prendre les devants : “Nous refusons de compromettre votre vie privée avec des mesures qui, paradoxalement, échouent à protéger efficacement les mineurs”.
Ces blocages, à l’initiative du groupe Aylo, fait suite à des années de bras fer entre le gouvernement français et les géants de l’industrie pornographique. En effet, la loi SREN (Sécurisation et Régulation de l’Espace Numérique) du 21 mai 2024, donne à l’ARCOM le droit de bloquer les sites pornographiques ne proposant pas des méthodes de vérification d’âge suffisamment solides pour protéger les internautes.
Jusqu’au 11 avril dernier, une tolérance était accordée aux plateformes qui se contentaient d’une identification au simple moyen d’une carte bancaire. Mais la règle était claire : cette solution était provisoire, en attendant le déploiement d’une vérification d’âge robuste, basée sur le double anonymat. Très peu mis en application jusque-là, la situation vient de dégénérer. Alors que les plateformes opérant en France doivent théoriquement exiger l’envoi d’une photo ou d’un document d’identité pour prouver la majorité de l’utilisateur, Aylo préfère rendre les armes (temporairement) plutôt que de céder.
Le double anonymat, c’est quoi ?
Après avoir émis l’idée d’une vérification par selfie, carte d’identité, ou certificat AgeVerif, le projet de blocage des sites pornographiques aux mineurs patine. Tandis que les processus de vérification mis en place jusqu’à présent posaient de sérieux problèmes en matière de vie privée et de protection des données, le double anonymat, seule méthode jusqu’à présent approuvée par l’Arcom, reposera sur une attestation de majorité, qui pourra être fournie sur simple demande par “un opérateur télécom, un fournisseur d’identité numérique ou tout autre organisme susceptible d’attester de la majorité d’une personne”.
Concrètement, l’organisme qui fournira l’attestation de majorité ignorera dans quel but cette dernière est requise. De son côté, le site sur lequel l’attestation sera utilisée n’aura pas accès à l’identité de la personne. Grâce à cette méthode, le gouvernement espère réussir à mettre en place une méthode d’authentification fiable pour les personnes majeures, sans pour autant rogner sur le droit à la vie privée.
*** News en cours d’écriture ***
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