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Starfish : l’interface cerveau-machine du fondateur de Valve peut-elle concurrencer Neuralink ?

L’entreprise fondée par Gabe Newell veut également produire une puce cérabrale dès cette année. Son architecture sera assez différente de celle utilisée par l’écurie d’Elon Musk.

Gabe Newell, le célèbre PDG de Valve, travaille depuis quelques années sur une nouvelle interface cerveau-machine (BCI) à travers sa startup Starfish Neurosciences. Il y a un peu plus d’une semaine, cette entité est enfin sortie de l’ombre pour révéler quelques bribes de feuille de route, en annonçant l’arrivée d’une première puce d’ici la fin de l’année. Voici en quoi elle diffère des autres BCI du marché, à commencer par Neuralink.

L’intérêt du grand manitou de Steam pour les neurosciences n’a rien de nouveau. Comme le rappelle The Verge, cela fait déjà des années qu’il explore cette thématique sous différents angles. Il y a plus de dix ans, il avait déjà organisé des recherches sur la réponse physiologique du corps humain aux jeux vidéo. On se souvient aussi de la GDC 2019, où l’entreprise a publiquement affiché son intérêt pour les interfaces cerveau-machine appliquées aux jeux. Mais ce loisir ne fait pas du tout partie des objectifs de sa startup Starfish Neurosciences.

Un projet focalisé sur la médecine

C’est une différence significative par rapport aux leaders du secteur, comme Neuralink. L’entreprise d’Elon Musk, par exemple, voit cette technologie comme une manière d’augmenter les capacités humaines, notamment grâce à l’intégration de différentes formes d’intelligence artificielle. Elle a d’ailleurs déjà démontré ce concept. Ses premiers et troisièmes patients, atteints de maladies qui impactent fortement leur mobilité, sont par exemple capables d’utiliser leurs ordinateurs par la pensée alors qu’ils étaient auparavant totalement dépendants.

Starfish, en revanche, semble entièrement focalisée sur les applications strictement médicales et thérapeutiques plutôt qu’utilitaires. Ses futurs produits auront par exemple vocation à moduler l’activité cérébrale avec une grande précision pour traiter des troubles bipolaires, différentes formes de dépression, la maladie de Parkinson, ou encore l’épilepsie et les douleurs chroniques à plus long terme. L’entreprise a aussi mentionné un système capable de neutraliser des tumeurs en les “cuisant” avec une grande précision.

Une puce minuscule et peu gourmande

L’autre grande différence, c’est que Starfish met l’accent sur le fait de minimiser le côté invasif de son futur dispositif. Dans son billet de présentation, la firme explique qu’elle veut notamment réduire la taille des composants pour que l’ensemble tienne dans une enveloppe de 2×4 millimètres.

Et il n’y a pas que les dimensions physiques qui seront réduites au strict minimum. Il en va de même pour la consommation d’énergie ; selon l’entreprise, elle devrait être de l’ordre de 1,1 milliwatt, soit presque six fois moins que la puce N1 de Neuralink. Cela permettra notamment de supprimer la dépendance à la batterie interne et de la remplacer par un système d’alimentation sans fil externe – un peu comme ceux qui équipent les chargeurs de smartphones sans fil, mais en plus petit.

Une architecture distribuée

La dernière grande différence concerne directement l’architecture de la puce. Celles de Neuralink, Synchron et consorts partagent toutes un point commun : elles sont conçues pour être implantées sur un site unique, qui est ensuite stimulé avec une grande précision grâce à un réseau d’électrodes très dense. Starfish, en revanche, mise sur une approche distribuée. En pratique, le concept repose sur plusieurs sous-interfaces distinctes implantées dans des régions différentes du cerveau – un peu à la manière des bras d’une étoile de mer, d’où le nom de l’entreprise. Cela permettra de travailler non pas à l’échelle d’une aire cérébrale, mais d’un circuit neurologique tout entier. Un avantage potentiellement déterminant dans la prise en charge de troubles neurologiques complexes comme Parkinson.

Pour le moment, Starfish a encore beaucoup de chemin à parcourir pour rattraper ses concurrents. Plusieurs entreprises comme Neuralink et Synchron, pour ne citer qu’elles, disposent déjà de puces relativement matures qui font l’objet d’essais cliniques en ce moment même. La première a déjà implanté son dispositif chez au moins trois patients. La seconde est encore plus avancée : après un premier essai concluant sur six patients, elle est désormais en train de mettre en place un essai à plus grande échelle pour sa puce Stentrode.

La firme de Gabe Newell, en revanche, n’a pas encore construit ses premières puces. Celles-ci devraient arriver d’ici la fin de l’année selon le billet mentionné plus haut, mais ce n’est qu’une première étape. Même si les premiers tests apportent satisfaction, il faudra probablement patienter quelques années supplémentaires avant les premiers essais cliniques sur des humains. Il sera néanmoins intéressant de suivre la trajectoire de cette startup à la stratégie assez différente de celle des cadors actuels.

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