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En France, la publicité pour la fast fashion pourrait bientôt être interdite

Le Sénat vient de voter l’interdiction pour les influenceurs de promouvoir l’ultra fast fashion. Si la mesure est confirmée à l’Assemblée nationale, elle entrera en vigueur en 2026.

C’est un signal fort pour la France. La semaine dernière, le pays a amorcé un tournant historique contre la surconsommation textile, en s’attaquant cette fois aux (nombreux) influenceurs qui font la promotion de l’utra-fast fashion.

Un vote inédit, aux enjeux bien réels

Le 2 juin 2025, le Sénat a adopté la proposition de loi portée par la députée Anne-Cécile Violland. En ligne de lire, l’interdiction de toute publicité – y compris via les influenceurs – pour la mode ultra-fast fahion comme Shein et Temu. Cette mesure, soutenue par le gouvernement, vise à endiguer la vague de surconsommation et le raz de marée environnemental générés par les plateformes low-cost. Le texte, qui doit encore être voté à l’Assemblée nationale, cible explicitement la promotion sur les réseaux sociaux, principal canal d’influence auprès des jeunes consommateurs.

La loi ne se contente pas de viser les influenceurs : elle s’attaque à l’ensemble des campagnes publicitaires pour les marques d’ultra fast fashion. Le dispositif s’accompagne d’un système de malus écologique progressif, déjà maintes fois abordé dans l’hémicycle, ainsi que d’une obligation de transparence environnementale renforcée.

Pourquoi cette loi ?

En 2022, plus de 3,3 milliards de vêtements ont été mis sur le marché en France, soit près de 50 pièces par habitant. Cette explosion de l’offre est portée par un modèle économique fondé sur le renouvellement ultra-rapide des collections, la production de masse à bas coût et une incitation quasi nulle à la réparation ou à la durabilité. Résultat : l’industrie textile pèse désormais près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, dépassant même l’aviation civile et le transport maritime réunis.

Les géants asiatiques, accusés de tirer l’ensemble du secteur vers le bas, sont dans la ligne de mire du gouvernement. Reste encore à identifier précisément les acteurs qui seront bientôt taxés d'”ultra-fast“. Un décret précisera les seuils applicables pour identifier les enseignes concernées, avec une volonté affichée de distinguer les plateformes asiatiques des chaînes à bas prix implantées en France ou en Europe.

Influenceurs : la fin d’un eldorado commercial

Jusqu’ici, les influenceurs étaient le relais privilégié des marques d’ultra fast fashion, inondant les réseaux sociaux de codes promo et de hauls aux airs de bon plans. L’interdiction de cette promotion marquerait un tournant, en interdisant le principal canal de diffusion auprès des jeunes, et en responsabilisant les créateurs de contenus. Pour les plateformes comme Shein ou Temu, dont la notoriété repose sur une présence massive en ligne, l’impact financier pourrait être considérable.

Si cette loi est adoptée définitivement, elle fera de la France un pionnier européen dans la régulation de la mode ultra-fast fashion. Mais le texte n’est pas sans risques juridiques : certains sénateurs évoquent une possible incompatibilité avec le droit européen et la liberté d’entreprendre. Reste à voir si la mesure survivra à la commission mixte paritaire et au contrôle du Conseil constitutionnel.

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