En 2024, environ 4,6 milliards de colis d’une valeur inférieure à 150 euros ont été acheminés vers le marché européen, soit plus de 145 par seconde. Parmi eux, 91 % provenaient de Chine. Cette explosion du commerce en ligne, facilitée par des prix attractifs et des délais de livraison réduits, a mis sous pression les services douaniers européens.
Objectifs de la taxe : financer les contrôles et rétablir l’équité
Selon Maros Sefcovic, commissaire européen au Commerce, cette taxe de 2 euros par colis de faible valeur (inférieur à 150 euros) vise à compenser les coûts engendrés par les contrôles douaniers nécessaires face à l’afflux massif de ces petits colis. L’objectif est également de rétablir une concurrence équitable pour les commerçants européens, notamment les PME, qui respectent les normes en vigueur dans l’Union.
La France soutient cette initiative européenne et avait déjà proposé en avril l’instauration de “frais de gestion” appliqués à chaque colis importé. En 2023, 800 millions de ces petits colis ont été livrés en France. Par ailleurs, une proposition de loi française envisage d’imposer une taxe de 5 euros par article acheté sur des plateformes comme Shein, Temu ou AliExpress, dans le cadre d’un système de bonus-malus visant à encourager des pratiques de consommation plus durables.
Réactions des plateformes concernées
Shein a exprimé des inquiétudes quant à l’impact de ces nouvelles taxes sur les prix pour les consommateurs français. Quentin Ruffat, porte-parole de Shein France, a estimé que ces mesures pourraient entraîner une augmentation des prix de leurs produits d’environ 12 euros d’ici 2030. La plateforme souligne également les défis que ces régulations posent à leur modèle économique basé sur des prix bas et des livraisons directes depuis la Chine.
Cette taxe s’inscrit dans une démarche plus large de réforme du système douanier européen, avec pour objectif la suppression de l’exonération de droits de douane pour les colis de moins de 150 euros d’ici 2028. L’Union européenne souhaite ainsi renforcer la sécurité du marché commun, améliorer les contrôles des produits importés et avancer vers une digitalisation accrue du système douanier.
Toujours est-il que cette proposition de taxe de 2 euros par colis marque un tournant dans la régulation du commerce en ligne en Europe, visant à adapter les règles aux nouvelles réalités du marché et à protéger les consommateurs ainsi que les acteurs économiques locaux.
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