Ce samedi 21 juin, toute la France célèbre la musique. Sous toutes ses formes, elle s’invite dans les rues, les restaurants et les bars pour une grande fête lancée en 1982 sous l’impulsion du ministère de la Culture. Mais alors que la fête du cinéma se profile, pourquoi ne pas célébrer celles et ceux qui nous vont vibrer dans l’obscurité des cinémas, ceux qui accompagnent les héros dans leurs quêtes épiques ou qui immortalisent leurs doutes et leurs peines. Voici les cinq compositions originales que l’on adore écouté en boucle.
“Test Drive” de John Powell pour Dragons
En 2010, Dreamworks ouvre les portes d’un nouvel univers. Le studio s’attaque à un roman qui met en scène l’amitié hors du commun entre un jeune viking et un dragon. Ces deux personnages ne sont pas censés nouer de tels liens, Harold est le fils du chef du village qui tue toutes les créatures qui s’aventurent sur ses terres, Krokmou est une Furie Nocturne qui doit contenter son chef de clan en rapportant des vivres. Pourtant, ils vont montrer à leurs compères qu’une cohabitation est possible. Cette collaboration sera matérialisée par un premier vol, une scène de haute volée qui aura marqué l’esprit des spectateurs.
Cette séquence ne serait rien sans l’excellent travail de John Powell à la composition. Le musicien encapsule toute la force du moment et accompagne les voltiges du duo avec grâce. Ce thème est tellement marquant qu’il a même inspiré d’autres compositeurs, à commencer par ceux en charge de la musique d’Hogwart’s Legacy. On peut retrouver un ensemble de notes extrêmement similaire (trop ?) lorsque le héros chevauche un Grapcorne.
“The Riders of Rohan” d’Howard Shore pour Le Seigneur des Anneaux : les deux tours
La musique est essentielle dans l’imaginaire de Tolkien. C’est d’un chant déique que nait son monde, elle qui accompagne les héros dans leurs aventures à travers la Terre du Milieu. Pour le philologue qu’était l’auteur, les sonorités sont essentielles. Peter Jackson l’a bien compris et a confié à Howard Shore, la responsabilité de mettre en musique sa trilogie adaptée du roman Le Seigneur des anneaux. Le musicien n’a pas failli à sa mission, faisant éclore quelques-uns des thèmes les plus marquants du cinéma des années 2000. Sa musique fait vibrer les moments épiques autant qu’elle souligne le danger que représente Sauron pour la Terre du Milieu. Alors que les puristes craignaient de voir l’adaptation de Jackson entachée par des compositions banales, Shore aura réussi un véritable tour de force.
Ce n’est pas une surprise si le compositeur obtient deux Oscars pour La Communauté de l’anneau et Le Retour du Roi. Parmi tous les thèmes et variations, c’est aucun doute celui du Rohan qui nous saisit le plus (il fallait faire un choix). “The Riders of Rohan” enferme toutes les couleurs du film, entre cuivres menaçants et grinçants jusqu’aux envolées épiques. Magistral.
“Main Title and First Victim” de John Williams pour Les Dents de la Mer
On ne présente plus le monsieur, ni même ce qui est sans aucun doute sa création la plus célèbre. Avec Les Dents de la Mer, John Williams a marqué la culture populaire. Dans l’eau, c’est souvent la première chose qui traverse l’esprit des nageurs aventureux. Pourtant, elle est criante de simplicité. Tant et si bien que Steven Spielberg a d’abord cru à une blague.
Dans le documentaire consacré à la légende la musique, disponible sur Disney+, le metteur en scène expliquait : “Je me suis dit : ‘Oh Mon Dieu, on n’aura pas d’orchestre, il y aura seulement un piano et Johnny qui joue quelques notes graves’. Tu m’as dit de bien écouter (John Williams) et j’ai fini par comprendre que ton idée était géniale”.
“This Land” d’Hans Zimmer pour Le Roi Lion
C’est sans doute la rencontre la plus marquante pour les jeunes spectateurs avec la musique orchestrale. Le chef-d’œuvre d’animation de Disney n’a pas profité que d’une direction artistique aux petits oignons, et d’une intrigue Shakespearienne pour faire recette, le film doit beaucoup à sa musique originale. Avec son orchestre, le compositeur allemand signe des partitions enlevées qui ajoutent un souffle épique aux aventures de Simba.
“This Land” est sans conteste la plus inoubliable, oscillant entre des accents épiques et dramatiques. Les cuivres, les percussions et les instruments à vent subliment les chants et on se surprend une larme à l’œil. Sans aucun doute l’une des oeuvres les plus marquantes sur musicien le plus prolifique d’Hollywood. On aime aussi la relecture de 2019, pour les besoins du live-action de Jon Favreau.
“On The Nature of Daylight” par Max Richter pour beaucoup de films
On triche un peu pour la dernière, puisqu’il ne s’agit ici pas d’une musique composée exclusivement pour un film. À dire vrai, la musique a été invitée dans de nombreux films, dont Shutter Island, Togo et même sur le petit écran dans le magistral troisième épisode de la série The Last of Us. Mais c’est sans aucun doute dans le grand final que Premier Contact qui est le plus sublimé.
D’une pureté sans pareil, avec ses violons plaintifs et ses vibrations saisissantes, le morceau accompagne la résolution de l’histoire de Louise. Le choix de Villeneuve pour cet ultime morceau est parfait, il encapsule toute la portée dramatique de cette résolution. On apprécie aussi le parallèle avec l’histoire de la création de cet album par Max Richter, qui a accouché de Blue Note alors que la guerre en Irak est déclarée. Une réflexion sur la violence pour accompagner cette fresque de science-fiction qui interroge sur notre rapport au langage et à l’autre… C’est brillant.
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