“Mourir de chaud” n’est pas qu’une expression hyperbolique. Avec le dérèglement climatique et la hausse des températures, les épisodes caniculaires se font de plus en plus fréquents, et de plus en plus meurtriers. Mais à partir de quelle température considère-t-on vraiment que le corps est susceptible de succomber à la chaleur ?
L’humidité, un facteur clé
La capacité du corps humain à supporter la chaleur repose d’abord sur sa capacité à transpirer. C’est la sueur qui permet d’évacuer l’excès de chaleur corporelle. Or, plus l’air est humide, moins la transpiration s’évapore, et moins le corps est en capacité de se refroidir. C’est là qu’intervient la notion de “température du thermomètre mouillé” (tw), qui combine température et humidité pour mesurer le risque réel de l’impact de la chaleur.
Le thermomètre mouillé
La température au thermomètre mouillé est une mesure qui combine la chaleur et l’humidité de l’air : on entoure le bout du thermomètre d’un tissu mouillé et on regarde à quelle température il descend, car l’eau qui s’évapore fait baisser la température. Plus l’air est sec, plus la température baisse ; plus l’air est humide, moins elle baisse. Cette mesure sert à savoir si notre corps peut se refroidir en transpirant : quand il fait très chaud et très humide, le corps n’arrive plus à se rafraîchir, ce qui peut devenir dangereux.
Une température de 35°C tw est considérée comme la limite absolue de tolérance humaine. Au-delà, même une personne jeune et en bonne santé ne peut plus évacuer la chaleur. Sa température corporelle va alors grimper, conduisant à une hyperthermie mortelle en quelques heures. Dans des conditions très sèches, l’humain peut survivre brièvement à des températures extrêmes (jusqu’à 70°C), mais dès que l’humidité grimpe, le risque augmente drastiquement.
Des populations plus vulnérables que d’autres
Si le seuil du thermomètre mouillé à 35°C est universel, la vulnérabilité varie largement selon les individus : les personnes âgées, nourrissons, femmes enceintes, malades chroniques ou isolés sont particulièrement exposés, de même que les travailleurs exposés à la chaleur et les sportifs en plein air. Lorsque le corps ne parvient plus à se refroidir, la température interne grimpe rapidement. Au-delà de 40°C, le risque de défaillance d’organes et de décès est majeur.
En France, les seuils critiques sont rarement atteints, mais la surmortalité lors des canicules est bien réelle. Dès que les températures dépassent 30 à 35°C plusieurs jours de suite, le risque augmente, surtout si l’humidité est élevée ou si les nuits ne permettent pas au corps de se refroidir. On estime qu’environ 400 décès par an à Paris sont directement liés à la chaleur.
Les bons réflexes pour se protéger
Face à la chaleur, les bons réflexes :
- S’hydrater régulièrement
- Éviter les efforts physiques aux heures les plus chaudes
- Se rafraîchir (douches tièdes, pièces climatisées)
- Prendre soin des personnes vulnérables de son entourage
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