La moitié de cette somme provient d’un prêt massif (avec obligations garanties et prêts classiques), l’autre de nouveaux investisseurs qui misent sur l’avenir de l’entreprise, selon Morgan Stanley. « Cette structure permet de réduire le coût global et de débloquer plus facilement de nouveaux financements », résume la banque, partenaire de l’opération.
Guerre de cash
Avec ce pactole, Elon Musk veut surtout accélérer sur deux axes : renforcer Grok, son chatbot à la langue bien pendue, et construire ce qui pourrait devenir l’un des plus gros centres de données au monde.
La machine de guerre s’appelle Colossus. Ce supercalculateur, installé à Memphis, aligne déjà 200.000 GPU, les processeurs qui font tourner les IA. Et le milliardaire a annoncé son intention de grimper à un million d’unités dans un futur proche. De quoi faire tourner Grok, entraîner les futurs modèles et, accessoirement, faire grimper la facture chez Nvidia et AMD, fournisseurs des fameuses puces.
Le chatbot Grok, justement, a été mis à jour avec une version 3 lancée en février. Elon Musk mise gros dessus, au point d’avoir intégré l’IA dans X (anciennement Twitter), qui a été intégré dans xAI en mars. L’opération a valorisé la plateforme à 33 milliards de dollars, tandis que xAI atteignait 80 milliards.
Grok se veut différent. Musk le décrit comme « anti-woke » et « à la recherche maximale de vérité ». Un positionnement qui a provoqué des remous, notamment quand l’IA a répondu à côté de la plaque avec des remarques douteuses sur des sujets sensibles comme le soi-disant « génocide blanc » en Afrique du Sud.
Ce nouveau tour de table porte à 17 milliards de dollars le total levé par xAI. C’est beaucoup, mais encore loin des géants du secteur : OpenAI, par exemple, a levé 40 milliards et pèse désormais 300 milliards de valorisation. Anthropic, soutenu par Amazon, atteint 61,5 milliards.
C’est une course à l’armement, où il faut des montagnes de GPU, des centres de calcul démesurés, et surtout beaucoup, beaucoup d’argent. Elon Musk, qui n’a pas l’intention de regarder ça de loin, a même tenté en février dernier de racheter OpenAI avec une offre à près de 100 milliards. Refus net de Sam Altman, le patron de l’entreprise qu’il a cofondée avec… Musk lui-même.
Depuis, les piques fusent entre les deux hommes. Mais plutôt que de continuer à se chamailler, Musk semble avoir choisi une autre stratégie : construire sa propre version d’OpenAI avec des moyens considérables.
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