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Développer des jeux coûte toujours plus cher, mais Nintendo a la parade

Alors que les jeux AAA atteignent des budgets toujours plus vertigineux, Nintendo semble avoir trouvé une méthode pour contenir cette fuite en avant, sans renoncer à son ambition.

Un des problèmes systémiques de l’industrie du jeu vidéo moderne, c’est le budget des triple A qui ne cesse de gonfler. Un titre comme Marvel’s Spider-Man 2 aurait ainsi coûté plus de 300 millions de dollars à développer ! Dans ce contexte, on comprend pourquoi la cadence de sorties des blockbusters exclusifs s’est réduite comme peau de chagrin chez PlayStation, qui se contente de un à deux titres par an.

La méthode Nintendo face à la crise des blockbusters

Nintendo a su se protéger de cette inflation folle, tout en continuant à sortir des gros jeux qui font l’événement. Le petit artisan japonais a la chance de compter sur des franchises imparables comme Mario, Zelda, Animal Crossing, Pikmin… Non seulement Nintendo est à peu près certain d’écouler ses jeux à plusieurs millions de copies, mais encore les budgets de ces jeux sont bien moins élevés.

Le constructeur japonais a longtemps profité des limites techniques de la première Switch : pas besoin de textures ultra réalistes ou de mondes ouverts gigantesques quand la console elle-même n’est pas taillée pour les faire tourner. Cette contrainte technique s’est paradoxalement révélée bénéfique pour contenir les coûts.

L’entreprise a certes une sorte de baguette magique qui lui permet de faire rentrer l’Hyrule de Tears of the Kingdom et ses mondes souterrains dans l’appareil, un véritable exploit technique qui n’est pas sans poser des problèmes de performances. La Switch 2, autrement plus puissante, donne toute son ampleur au jeu et à son prédécesseur, Breath of the Wild, avec un gain appréciable de fluidité.

Mais cette montée en puissance marque aussi un tournant : il sera plus difficile de masquer les faiblesses graphiques et techniques sur la nouvelle console. La nouvelle console permet en effet des expériences plus ambitieuses… et plus coûteuses.

Lors d’une réunion avec les actionnaires, le président de Nintendo, Shuntaro Furukawa, a reconnu que « le développement de jeux récents est devenu plus vaste et plus long, ce qui se traduit par des coûts plus élevés ». Il a rappelé que « le secteur du jeu a toujours été à haut risque », et que l’inflation des budgets accentue ce risque.

Pour y faire face, Nintendo veut préserver son approche traditionnelle tout en investissant dans des outils et méthodes visant à améliorer l’efficacité du développement. « Il est possible de créer des jeux sur des périodes plus courtes qui offrent malgré tout une forme de nouveauté », a indiqué le dirigeant. Une piste que l’entreprise compte explorer activement.

Cela n’empêche pas Nintendo de faire monter en gamme certaines de ses franchises. Mario Kart World, par exemple, adopte une structure en monde ouvert ; Donkey Kong Bananza inaugure une mécanique de destruction plutôt impressionnante dans un jeu de plateformes plus classique.

Des ambitions nouvelles qui se traduisent aussi dans les prix : 80 € pour Mario Kart World (et même 90 € pour la cartouche !), 70 € pour Bananza. Des prix très élevés chez Nintendo, mais qui restent abordables, d’après un ancien dirigeant de PlayStation. Il va falloir en tout cas s’y habituer.

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