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Malgré les dérapages, Grok décroche un gros contrat avec le Pentagone

Juste après avoir été épinglé pour des propos antisémites, le bot d’Elon Musk a signé un contrat à 200 millions de dollars avec le ministère américain de la Défense. Une décision qui tombe plutôt mal !

Grok, le chatbot développé par xAI — la société d’Elon Musk — va faire son entrée dans les systèmes du gouvernement américain. Le Pentagone vient de signer un contrat pouvant atteindre 200 millions de dollars pour utiliser cet outil dans le cadre d’un programme baptisé « Grok for Government ». L’objectif : proposer des outils d’analyse et d’aide à la décision, notamment dans les domaines liés à la sécurité nationale.

L’IA de Musk fait l’armée

Problème : cette annonce arrive au pire moment. Quelques jours plus tôt, Grok faisait parler de lui pour de mauvaises raisons. L’IA avait généré des messages carrément nazis, allant jusqu’à faire l’éloge d’Adolf Hitler sur X (anciennement Twitter). Elon Musk a reconnu un gros raté et accusé son chatbot d’être « trop obéissant » et « trop désireux de plaire ». Il a promis des ajustements qui ont été mis en place rapidement, mais le mal est fait.

Pas de quoi freiner le Pentagone, visiblement. Le contrat signé prévoit non seulement l’accès à la dernière version du bot, Grok 4, mais aussi des outils personnalisés pour les services gouvernementaux et un support technique pour les environnements classifiés. D’autres géants de l’IA comme Google, Anthropic et OpenAI ont eux aussi obtenu des contrats similaires, également plafonnés à 200 millions.

Doug Matty, en charge du numérique et de l’intelligence artificielle au sein du ministère de la Défense US, résume la logique : « L’IA change la donne pour nos opérations et notre supériorité stratégique ».

Ce contrat tombe aussi en pleine brouille entre Elon Musk et Donald Trump. Le milliardaire avait pourtant misé gros sur l’élection du président en 2024 : 250 millions de dollars investis dans sa campagne, un soutien public très bruyant, et même un poste au sein de l’agence Doge (pour Department of Government Efficiency), censée réduire les dépenses de l’État.

Mais depuis, tout a changé. Elon Musk a pris ses distances avec la politique budgétaire de Donald Trump, notamment son « Big Beautiful Bill », qu’il juge trop coûteux pour les contribuables. Il a quitté Doge en mai. Et depuis, le président américain ne mâche plus ses mots : il a menacé d’utiliser Doge pour s’en prendre aux entreprises de Musk… voire de l’expulser du pays, même s’il est citoyen américain.

Autre point sensible : pendant son passage à Doge, Elon Musk avait un accès direct à de nombreuses données gouvernementales. De quoi nourrir de nouvelles inquiétudes, maintenant que xAI est de retour dans le giron de l’État avec ce nouveau contrat.

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Source : BBC

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