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Un TikTokeur a traqué des baskets données à la Croix Rouge… et vendues à 800 km de là

Un TikTokeur allemand a glissé un AirTag dans une paire de baskets avant de les déposer dans une borne de dons de la Croix-Rouge. Cinq jours et 800 kilomètres plus tard, il retrouvait ses chaussures en vente dans une friperie des Balkans. Un aperçu concret, et parfois surprenant, du circuit emprunté par les vêtements que l’on donne.

Les vieux vêtements connaissent un destin bien plus fou qu’on ne l’imagine. C’est ce qu’a voulu vérifier le créateur TikTok allemand @moe.haa. Son idée : cacher un AirTag, le traceur d’objets d’Apple, dans une paire de baskets Asics usagées, avant de les glisser dans une borne de dons de la Croix-Rouge, à Starnberg, en Bavière.

Des baskets suivis à la trace dans toute l’Europe

Grâce à l’application de localisation d’Apple, il a ensuite suivi en temps réel le trajet de ses chaussures. En cinq jours, elles ont traversé l’Europe : Munich, l’Autriche, la Slovénie, la Croatie… avant d’atterrir dans une friperie de Cazin, une petite ville du nord-ouest de la Bosnie-Herzégovine. Soit un périple d’environ 800 kilomètres.

@nuktadubai

A German TikToker donated his sneakers to the Red Cross in Munich — but added an AirTag to see where they’d end up. 👟📍 Five days and 800 km later, he found them for sale in a second-hand shop in Bosnia and Herzegovina for 20 convertible marks (≈ 44 AED). He’s now questioning how charity donations are being resold without transparency. What do you think — should donated items be allowed to end up in shops like this? 🤔👇 #Charity #RedCross #TikTokNews #Donation #Sneakers #Bosnia #MoeHaa #Nukta #NuktaDubai

♬ original sound – Nukta Dubai

Surpris par ce voyage, Moe.haa décide de s’y rendre. À son arrivée, il retrouve effectivement ses baskets en rayon, vendues 10 euros. Il les rachète, curieux de comprendre comment elles ont fini là. Interrogée par l’influenceur, la vendeuse du magasin explique que son patron est basé en Allemagne et qu’il a lui-même apporté les vêtements. Quant à savoir si l’argent récolté allait à une association : « Non », répond-elle.

Face caméra, Moe.haa s’interroge alors : « Comment est-ce possible que l’on jette des chaussures dans un conteneur de la Croix-Rouge en Allemagne, et qu’elles se retrouvent en vente à l’autre bout de l’Europe, sans que cela profite directement à la Croix-Rouge ? »

La réponse se trouve sur le site du Deutsches Rotes Kreuz (DRK), la Croix-Rouge allemande. L’organisation explique que les vêtements déposés dans ses 18.000 bornes sont triés selon deux modèles. Dans le premier, les articles sont redistribués dans des dépôts ou des magasins solidaires. Mais dans le second – appelé « modèle recycleur » – tout le contenu du conteneur est vendu à une entreprise tierce. C’est ce qui semble s’être passé ici.

D’après le DRK, seuls 10 % des vêtements collectés sont directement redistribués aux personnes dans le besoin. Le reste est écoulé à des partenaires commerciaux, qui les revendent comme vêtements de seconde main en Europe de l’Est, au Moyen-Orient, en Afrique ou en Asie.

Ces ventes ne sont pas faites au hasard : elles permettent de financer les activités sociales de l’organisation. Les recettes générées soutiennent par exemple des programmes de secours, le mouvement de la jeunesse de la Croix-Rouge ou des actions d’aide aux personnes âgées.

Ce type de système n’est pas nouveau, mais il reste méconnu. La petite enquête de Moe.haa met en lumière un circuit logistique bien huilé, qui combine certes de bonnes intentions et l’économie circulaire… mais aussi une certaine réalité commerciale.

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