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Trump veut détruire 8 millions d’euros de contraceptifs en France, et personne ne dit rien

Des millions de contraceptifs humanitaires financés par l’aide américaine sont sur le point d’être détruits en France, sur décision directe de l’administration Trump.

Plutôt que de les distribuer gratuitement, Donald Trump préfère les détruire. 10 millions de dollars de stérilets, implants et pilules destinés à l’aide internationale se retrouvent sur la sellette. Ces produits, stockés en Belgique puis convoyés vers la France, devaient bénéficier aux populations les plus vulnérables, principalement en Afrique subsaharienne. Mais la nouvelle politique américaine a tranché : tout ce stock doit être incinéré, au mépris des offres de rachat, autant que des besoins contraceptifs à l’échelle planétaire.

Silence coupable

Cette décision n’a rien de l’accident de parcours. Elle s’inscrit dans le retour à la fameuse “politique de Mexico”, restaurée puis durcie depuis janvier 2017 sous l’impulsion de Donald Trump, qui proscrit tout soutien aux ONG étrangères promouvant ou même informant sur l’accès à l’avortement, sous peine de perdre leurs financements américains.

La destruction prochaine du stock en France a alerté Sarah Durocher, présidente nationale du Planning familial. Interrogée par nos confrères de RTL, elle interpelle Emmanuel Macron et déplore “le silence aujourd’hui du président de la République, du gouvernement français sur le fait que cela soit détérioré en France“. Elle rappelle aussi que les produits arriveraient à expiration non avant 2027, voire 2031, ce qui rend l’opération d’autant plus absurde au regard des besoins pressants, et du coût écologique et financier de l’incinération. Pour le moment, aucune décision officielle n’a été prise.

Une pétition a été lancée, de multiples ONG offrent de reprendre et distribuer les contraceptifs à leurs frais, mais sans écho du côté américain. La Belgique, impliquée dans le stockage initial, a sollicité une solution diplomatique pour tenter d’éviter la destruction et envisager une relocalisation temporaire, mais l’Administration Trump refuse toute cession ou revente, martelant qu’aucun “acheteur éligible” ne répond aux critères imposés par la “politique de Mexico”.

Un gâchis mondial

Au-delà de la somme colossale envolée – près de 8 millions d’euros selon les ONG – la portée humaine de la décision interpelle. La Fédération internationale pour la planification familiale (IPPF) estime que ces attaques privent plus de huit millions de femmes dans le monde entier d’un accès vital à la contraception et à une information fiable. “On est dans un enjeu de vie et de mort“, rappelle Sarah Durocher, soulignant que toutes les neuf minutes, une femme meurt d’un avortement non sécurisé dans le monde.

Avec l’incinération programmée dans le secret en France, c’est toute l’Europe qui se trouve interpellée : la France, qui vient de sanctuariser le droit à l’IVG dans sa Constitution, se retrouve exécutrice d’une politique rétrograde. Le sort de ces contraceptifs détruits pose la question de la souveraineté éthique des pays européens face aux injonctions politiques internationales, et de la capacité concrète à défendre les droits sexuels et reproductifs. Encore une fois, c’est le corps des femmes qui se retrouve en première ligne, et ce sont elles les premières victimes.

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