Sam Altman est surtout connu pour être le cofondateur et PDG d’OpenAI, l’éditeur du célèbre ChatGPT. Mais ce n’est que la face cachée de l’iceberg : en coulisses, c’est surtout un investisseur hyperactif qui a injecté des sommes astronomiques dans près de 400 entreprises différentes.
Son portfolio comprend de nombreuses valeurs sûres de la tech américaine, comme Airbnb et Uber, mais il a aussi misé sur des entreprises innovantes travaillant sur des technologies futuristes, comme la fusion nucléaire. Désormais, il semble déterminé à s’installer sur un autre segment porteur. Selon le Financial Times et TechCrunch, Altman est en train de cofonder Merge Labs, une entreprise spécialisée dans les interfaces cerveau-machine.
Pour rappel, ce terme désigne des puces qui permettent une communication directe entre le cerveau et un appareil externe, éliminant ainsi toutes les interfaces traditionnelles. Ces appareils, plus ou moins invasifs, sont notamment développés pour leur potentiel dans deux domaines. D’un côté, il y a un ensemble de projets purement thérapeutiques, visant par exemple à restaurer des fonctions perdues ou détériorées, comme l’usage de certains membres. L’autre camp se concentre sur l’augmentation humaine, par exemple à travers l’amélioration des fonctions cognitives.
Jusqu’à présent, très peu de détails ont filtré sur le projet. Grâce au Financial Times, on sait toutefois que la startup devrait être valorisée à environ 850 millions de dollars et qu’OpenAI pourrait également participer par l’intermédiaire de son fonds d’investissement, appelé Startup Fund.
Un futur concurrent de Neuralink ?
Les objectifs de Merge Labs, en revanche, restent inconnus. La principale question sera donc de savoir sur quelle branche elle va se positionner. Va-t-elle opter pour une approche essentiellement thérapeutique, comme le fait Synchron ? Visera-t-elle plutôt l’augmentation humaine, à la manière de Kernel ? Ou jouera-t-elle sur les deux fronts en même temps, comme Neuralink ?
Connaissant les centres d’intérêt d’Altman et la possible implication d’OpenAI, il semble très probable que le projet comporte au moins une certaine dose d’augmentation humaine, possiblement grâce à des outils basés sur l’intelligence artificielle. Même si cela relève de la spéculation pure à ce stade, on peut imaginer que l’interface de Merge Labs pourrait permettre à l’utilisateur d’interagir avec un LLM comme ChatGPT directement par la pensée.
Au-delà de la technologie elle-même, il sera aussi intéressant de voir comment Merge Labs va se positionner dans l’écosystème actuel. Actuellement, l’industrie des interfaces cerveau-machine ne dispose pas d’un champion toutes catégories, mais elle reste globalement dominée par une poignée d’entreprises dont la technologie est déjà relativement mature. On peut citer Synchron, avec sa puce très peu invasive soutenue, entre autres, par Jeff Bezos et Bill Gates… ou Neuralink, fondée par Elon Musk.
Ce dernier est un rival notoire de Sam Altman depuis son départ tumultueux d’OpenAI, à cause de profonds désaccords stratégiques et philosophiques sur la direction de la firme. Depuis, les deux magnats entretiennent une relation compliquée, marquée par des joutes verbales récurrentes sur les réseaux sociaux et des actions en justice. Si Merge Labs devient rapidement compétitif et commence à marcher sur les platebandes de Neuralink, on peut donc s’attendre à de nouvelles étincelles.
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