La centrale nucléaire de Gravelines, près de Dunkerque, a enfin recommencé à produire de l’énergie, après avoir été mise à l’arrêt pendant plusieurs jours… à cause d’une invasion de méduses.
La centrale de Gravelines est la plus puissante de France et même de l’Union européenne. À elle seule, cette installation est capable d’alimenter plusieurs millions de foyers grâce à ses six réacteurs de 900 MW chacun. Mais ces derniers ont été fortement impactés ces derniers jours.
Deux d’entre eux, à savoir les réacteurs 1 et 5, étaient déjà à l’arrêt pour une maintenance de routine. Mais les quatre autres ont aussi été forcés de prendre des vacances, cette fois à cause d’un phénomène rare et totalement imprévisible : une invasion de méduses.
Le week-end du 9 août, les bassins qui alimentent les stations de pompage nécessaires au refroidissement des réacteurs ont été pris d’assaut par des hordes de méduses. Plus spécifiquement, il s’agissait de Rhizostoma octopus, ou méduses chou-fleur pour les intimes.
C’est une espèce qui n’est pas équipée pour se diriger consciemment ; elle se déplace en se laissant simplement porter par le courant. Ce dernier les a malheureusement emportées au niveau des tambours filtrants, conçus pour empêcher les débris de pénétrer dans le système. Cela a créé un large bouchon gélatineux susceptible de compromettre le refroidissement des quatre réacteurs actifs, qui se sont donc arrêtés automatiquement.
Pas d’impact sur le réseau
On pourrait penser que l’arrêt d’une installation si importante pourrait poser de gros problèmes, surtout dans un pays où le nucléaire produit plus de la moitié de l’électricité. Heureusement, l’impact a été assez limité, et même quasiment imperceptible pour la population.
Dans un communiqué relayé par l’AFP et Ouest-France, EDF a expliqué que l’arrêt n’avait « pas eu de conséquence sur la sûreté des installations, la sécurité du personnel ou l’environnement ». En outre, aucune coupure de courant n’est survenue ; la consommation d’électricité est généralement plus faible en été, ce qui a laissé une certaine marge de manœuvre aux opérateurs.
Un événement rare… pour le moment
Il s’agit d’un événement rare. En Europe, ce n’est que la troisième fois en quinze ans qu’une centrale nucléaire est ainsi paralysée par des méduses, après une centrale écossaise en 2011 et une autre en Suède en 2013. Ouest-France rappelle aussi que la centrale de Gravelines a déjà été mise en difficulté par des organismes marins autour de 1990, même s’il s’agissait de groseilles de mer et non pas de méduses. Ces incidents ont conduit à la mise en place de systèmes de filtration supplémentaires.
La situation a déjà commencé à revenir à la normale. Dans la matinée du mercredi 13 août, le réacteur numéro 6 a enfin repris du service, suivi de près par le réacteur numéro 2. Les autres vont à leur tour être remis en marche dans les jours qui viennent, selon un communiqué d’EDF. En somme, tout est bien qui finit bien… pour le moment.
En effet, plusieurs études ont montré que les méduses ont tendance à se reproduire plus rapidement lorsque la température de l’eau augmente. Or, toutes les données climatiques montrent que les océans ne cessent de se réchauffer depuis plus de dix ans. En théorie, il n’est donc pas impossible que les invasions de méduses deviennent de plus en plus fréquentes, ce qui pourrait pousser les responsables du site à mettre en place un vrai programme de suivi de ces animaux.
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