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Le Flipper Zero encore accusé de faciliter la vie des voleurs de voitures

Lancé en 2020 et présenté comme un « couteau suisse » de la cybersécurité, le Flipper Zero est aujourd’hui au centre d’un marché parallèle qui inquiète de plus en plus les autorités. Cet appareil de poche, qui est capable d’émuler des signaux radio, de lire des badges NFC ou d’effectuer des attaques Wi-Fi, est aussi détourné par des pirates qui lui ajoutent des fonctions illégales… comme le vol de voitures.

Le Flipper peut se transformer en ouvre-voiture universel. Des patchs, vendus en cryptomonnaie, se déclinent en deux versions : 600 dollars pour un accès simple, ou 1.000 dollars en incluant des mises à jour et l’assistance. Un hacker affirme à 404media avoir écoulé environ 150 exemplaires. « Peut-être que certains s’en servent pour voler des voitures », a-t-il reconnu, tout en précisant que ses clients incluent aussi des serruriers…

Un marché très lucratif

Un document partagé par le hacker liste près de 200 modèles de véhicules vulnérables, dont des versions 2025. Ford, Volkswagen, Audi, Peugeot, Citroën, Subaru, Fiat, Mitsubishi, Suzuki et Skoda sont concernés, tandis qu’un module pour Honda serait en préparation. Les vidéos de démonstration publiées par Daniel sur YouTube montrent le Flipper déverrouillant des voitures en quelques secondes.

Sur des serveurs Discord rassemblant des centaines de membres, certains partagent des copies gratuites ou de faux fichiers destinés à piéger les curieux. Beaucoup de novices voudront tester l’outil par curiosité et finiront par bloquer leurs Flipper Zero, mais d’autres pourraient bel et bien l’utiliser pour des vols. L’outil, déjà populaire dans la communauté des hackers amateurs, pourrait rapidement s’imposer chez les voleurs de voitures si ses capacités continuent à se répandre.

Face aux critiques, Flipper Devices, le fabricant de l’appareil, nie toute implication directe. L’entreprise affirme « ne pas avoir connaissance de cas confirmés de vols utilisant un Flipper Zero ». Dans un communiqué, elle souligne que le gadget est destiné aux chercheurs en sécurité pour mettre en évidence des failles, et que « le véritable problème réside dans le manque de sérieux des constructeurs automobiles » qui continuent à vendre des systèmes d’ouverture sans correction de vulnérabilités connues… ce qui n’est pas dénué de vérité.

Les autorités ne partagent pas forcément cette lecture. En 2023, le gouvernement canadien avait tenté d’interdire le Flipper Zero, l’accusant de faciliter les vols de voitures en reproduisant les signaux des clés électroniques. La mesure avait finalement été abandonnée, mais le débat reste très vivace. Ce gadget de recherche en cybersécurité peut aussi devenir un passe-partout pour criminels. Le Flipper Zero incarne à lui tout seul cette zone grise où l’innovation technologique bascule dans des usages beaucoup moins recommandables.

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