Cela fait déjà plusieurs années que Nvidia a pivoté vers l’industrie de l’IA, et que le hardware destiné au jeu vidéo n’est plus franchement une priorité pour la firme. Mais rassurez-vous : sa division gaming ne va pas disparaître de sitôt, car elle continue de générer énormément d’argent.
C’est en tout cas ce qui ressort du dernier bilan trimestriel de Nvidia, relayé par PCGamer. En s’y penchant, on constate en effet que la division gaming a généré des revenus records depuis le début de l’année : 3,8 milliards de dollars au 1er trimestre, et même 4,3 milliards au deuxième. Du jamais-vu pour le géant vert, sachant que ce chiffre n’avait jamais dépassé les trois milliards avant cette année.
Blackwell, un succès inattendu malgré les critiques
Le timing suggère très fortement que ces résultats sont imputables aux cartes graphiques RTX de série 50, ce qui est aussi inattendu que paradoxal. Pour rappel, le public et les experts se sont montrés très critiques à l’égard de ces composants. Gain de performance décevant maladroitement masqué par des tours de passe-passe marketing à base d’IA, pingrerie de Nvidia sur la quantité de VRAM, prix toujours ahurissants, stocks limités, innombrables problèmes techniques… tous les ingrédients semblaient réunis pour une année noire. Mais c’est finalement tout l’inverse qui s’est produit, et la génération Blackwell ressemble désormais à un grand succès commercial.
Il existe plusieurs lectures possibles de cette situation. Au premier abord, cela ressemble plutôt à une bonne nouvelle pour les joueurs. Certains analystes étaient convaincus que l’entreprise allait progressivement abandonner sa division gaming à cause de l’explosion de son segment entreprise et datacenter, qui pèse déjà dix fois plus lourd sur le plan financier. Mais ces résultats montrent que l’entreprise a encore tout intérêt à continuer d’occuper cet espace, et que les GPU “grand public” ne vont pas disparaître du catalogue de la marque à court terme.
Le monopole paie
Mais d’un autre côté, le fait qu’une génération aussi critiquée ait généré autant de bénéfices est également très représentatif de la chape de plomb qu’a posée Nvidia sur ce marché. Malgré les efforts de certains concurrents comme AMD, le géant vert jouit toujours d’un quasi-monopole sur les GPU gaming, a fortiori sur le segment haut de gamme. La technologie de Nvidia reste intrinsèquement supérieure à presque tous les niveaux et, face au manque d’alternatives solides, beaucoup d’acheteurs finissent donc par se tourner vers les GPU RTX par défaut, même si le rapport performance/prix laisse à désirer.
Et ce dernier point pourrait bien continuer de s’aggraver, car ce bilan a de fortes chances de conforter Nvidia dans ses choix. Le message est limpide : plus besoin de séduire les clients avec de l’innovation ou des prix compétitifs, puisque sa position dominante suffit déjà à transformer une génération décriée en succès financier. Par extension, la firme n’a donc aucune raison d’abandonner sa stratégie controversée, qui repose sur une segmentation agressive de la gamme et une constance élevée des tarifs au-delà des gains de performances.
Vus sous cet angle, ces résultats n’augurent rien de bon pour le pouvoir d’achat des joueurs sur les prochaines années. Il conviendra donc de suivre l’évolution de cette tendance, en espérant que la concurrence devienne suffisamment féroce pour sortir de ce cercle vicieux. AMD, la balle est dans votre camp !
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