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Nos vieilles batteries ne sont pas si mortes que ça !

Des chercheurs australiens montrent que les batteries au lithium mises de côté trop vite contiennent encore beaucoup d’énergie et de métaux précieux. Recycler plutôt que miner permettrait non seulement de réduire l’impact écologique des batteries, mais aussi de créer une véritable filière économique.

On pense souvent qu’une batterie usagée est bonne pour la poubelle. C’est faux, rappellent les scientifiques de l’Université Edith Cowan (ECU) en Australie. Selon leurs travaux, ces accumulateurs gardent encore en réserve du lithium quasiment pur (à 99 %), mais aussi du nickel et du cobalt, trois métaux essentiels à l’industrie des véhicules électriques.

Les trésors cachés des batteries « mortes »

Plutôt que de creuser toujours plus profond pour en extraire, pourquoi ne pas réutiliser ce qui existe déjà ? Les chiffres parlent d’eux-mêmes : recycler une batterie, c’est 61 % d’émissions de CO₂ en moins, 83 % d’énergie économisée et 79 % d’eau préservée par rapport au lithium issu de l’exploitation minière. De quoi intéresser un secteur en pleine croissance : le marché mondial des batteries grimpe de 13 % par an et la demande en lithium pourrait atteindre 1.600 kilotonnes d’ici 2026.

« C’est une ressource dormante que nous accumulons sans la valoriser », explique Asad Ali, chercheur et co-auteur de l’étude. En Australie, les autorités estiment que le pays pourrait bientôt générer 137.000 tonnes de déchets de batteries par an.

L’idée paraît simple, mais le passage à grande échelle reste compliqué. D’abord parce que la composition chimique des batteries évolue très vite, ce qui rend le recyclage plus difficile. Ensuite parce que la réglementation peine à suivre le rythme de l’innovation. « Il faut investir dans des infrastructures adaptées si l’on veut mettre en place une véritable économie circulaire », insiste les chercheurs.

Le mouvement est pourtant déjà lancé ailleurs. En Europe, le belge Umicore recycle depuis plusieurs années des batteries de véhicules électriques. Aux États-Unis, Redwood Materials monte en puissance avec des usines dédiées. En Chine, le géant CATL construit ses propres centres de recyclage pour alimenter la production de nouvelles batteries.

En Australie, l’enjeu est double : réduire les déchets et diversifier une économie encore très dépendante de l’extraction minière. « Même le secteur minier, qui électrifie ses machines, pourrait fournir ses propres batteries usagées à recycler », souligne l’étude.

Personne n’imagine que le recyclage suffira à remplacer totalement l’exploitation du lithium. Les coûts, la logistique et la standardisation des procédés restent des obstacles importants. Mais cette approche a le mérite de réduire la dépendance aux mines et d’offrir un coup de pouce à l’environnement.

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Source : ECU

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