C’est une décision historique en Europe, qui porte spécifiquement sur les publicités en ligne. La Commission européenne vient de sanctionner l’entreprise pour avoir favorisé ses propres services publicitaires au détriment des concurrents, rapporte un communiqué de presse diffusé par la Commission. Cette décision majeure fait suite à une enquête de Bruxelles, qui a mis en lumière des comportements anticoncurrentiels depuis au moins 2014, renforçant injustement la position dominante de Google sur le marché du numérique.
Des pratiques publicitaires abusives, ça veut dire quoi ?
L’enquête de la Commission européenne porte sur plusieurs services publicitaires de Google, notamment ses outils d’achat d’espaces publicitaires, son serveur publicitaire, et sa place de marché. Google est accusé d’avoir abusé de sa position dominante en favorisant sa propre place de marché Google Ads Exchange dans le processus de sélection des annonces, au détriment de la concurrence. Comment ? Par exemple, en informant à l’avance Adx du montant des enchères à battre, et en négligeant les places de marché concurrentes. Des pratiques qui visaient à donner un avantage concurrentiel à AdX et qui ont pu évincer les rivaux, en renforçant la capacité de Google à imposer des frais élevés pour ses services. Le serpent se mord la queue, et le géant américain reste le roi.
La Commission européenne a ordonné à Google de mettre fin à ces pratiques d’autopréférence et d’adopter au plus vite des mesures pour éliminer les conflits d’intérêts dans l’ensemble de ses services publicitaires. Google dispose désormais de 60 jours pour informer la Commission des changements qu’il compte appliquer. Notons aussi que cette enquête européenne n’est pas isolée : elle rejoint des accusations similaires aux États-Unis, où Google fait face à un procès du Département de la Justice sur des questions antitrust.
Cette amende suit aussi une autre sanction récente de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), qui a infligé à Google une amende de 325 millions d’euros pour des manquements sur la gestion des données personnelles dans le cadre de ses activités publicitaires. Par ailleurs, la firme américaine a déjà été lourdement sanctionné par la Commission européenne dans le passé pour abus de position dominante, notamment sur Android, avec une amende record de plus de 4 milliards d’euros.
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