La rentrée est amère pour une partie des salariés de Microsoft France. Le groupe a confirmé la mise en place d’un plan de départ volontaire visant environ 200 postes, soit 10 % de ses effectifs locaux estimés à 2.000 collaborateurs. Cette décision s’appuie sur une rupture conventionnelle collective (RCC), un mécanisme qui permet aux employés de quitter l’entreprise sur la base du volontariat, en dehors d’une procédure de licenciement classique.
200 emplois supprimés dans l’Hexagone
Selon le site L’Informé, le campus d’Issy-les-Moulineaux concentre déjà une partie importante des départs. Les salariés souhaitant se porter volontaires ont jusqu’à la fin du mois d’octobre pour se signaler. Ce n’est pas une première : l’an dernier, Microsoft France avait déjà réduit ses effectifs de 10 % là aussi.
Dans un communiqué transmis à l’AFP, la filiale française justifie ce plan par la volonté d’« ajuster [ses] effectifs afin de répondre aux exigences prévisionnelles stratégiques et business, améliorer l’efficacité opérationnelle tout en positionnant l’entreprise pour une croissance à long terme ».
Ces coupes ne sont pas isolées. Elles font partie d’une stratégie mondiale de réduction des effectifs engagée par Microsoft. En mai, l’entreprise a supprimé 6.000 postes, avant d’annoncer en juillet le licenciement de 9.000 personnes supplémentaires. En quelques mois, ce sont près de 6 % des salariés qui ont quitté le groupe.
Ce mouvement serait en fait directement lié aux investissements colossaux consentis dans l’intelligence artificielle. Microsoft a dépensé plus de 80 milliards de dollars par an dans ce domaine, en intégrant notamment les technologies issues de son partenariat avec OpenAI. Fin avril, Satya Nadella, le CEO du groupe, révélait que « 20 à 30 % du code de programmation interne » était déjà généré par l’IA.
Dans le même temps, le dirigeant s’est dit « profondément peiné » par la vague de licenciements, tout en insistant sur leur contribution au succès financier de l’entreprise et à ses « performances sur le marché ». Un double discours qui reflète une certaine hypocrisie de l’entreprise.
Microsoft n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs mois, les grands groupes technologiques multiplient les plans sociaux. Intel a ainsi supprimé entre 15 et 20 % des emplois dans ses usines de puces, soit environ un cinquième de ses effectifs mondiaux. Panasonic a annoncé 10.000 suppressions de postes d’ici mars prochain, évoquant une « réévaluation » de ses besoins en main-d’œuvre. De son côté, Meta continue d’alléger Reality Labs, sa division dédiée au métavers, tandis que Google a réduit les équipes travaillant sur Android, Chrome et les smartphones Pixel.
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