Le Vieux Continent vient de frapper un grand coup dans le domaine de l’informatique haute performance (HPC) avec la mise en service de JUPITER, un nouveau supercalculateur qui promet de propulser la recherche européenne dans une nouvelle dimension.
Ce monstre de silicium, basé au Forschungszentrum de Jülich en Allemagne, se distingue d’abord par sa puissance de calcul phénoménale. Il s’agit en effet d’un supercalculateur dit exascale, capable de réaliser plus d’un milliard de milliards d’opérations par seconde. Selon Nvidia, c’est plus du double de l’ancien champion européen, l’HPC6 italien.
Plus largement, c’est la seule machine capable de rivaliser dans cette catégorie en Europe, et seulement la quatrième à l’échelle mondiale. Dans la dernière édition du Top500 HPC, le classement biannuel des meilleurs supercalculateurs, JUPITER n’est devancé que par trois machines, toutes américaines : Aurora de l’Argonne National Laboratory, le mythique Frontier (le premier supercalculateur exascale au monde), et El Capitan.
“JUPITER est le premier supercalculateur européen, et le premier en dehors des États-Unis, à atteindre ce niveau. Aujourd’hui, nous assistons ensemble à l’aboutissement d’un projet pionnier en Europe”, a déclaré le chancelier allemand Friedrich Merz lors de l’inauguration.
Du hardware de haute volée
Pour atteindre ces performances étourdissantes, JUPITER s’appuie sur une montagne de hardware dernier cri, à commencer par 24 000 GH200 Superchip de Nvidia. Chaque composant combine un CPU ARM de série Grace à 72 cœurs et un GPU de classe Hopper optimisé pour les charges de travail exigeantes, notamment dans le domaine de l’IA. Chaque unité embarque plus de 500 Go de mémoire HBM3e et LPDDR5X, pour un coût d’environ 15 000 € par pièce. L’ensemble dispose d’une capacité de stockage totale proche de l’exabyte, soit 8 milliards de gigabits.

Tout ce matériel est relié par 51 000 connexions de dernière génération, permettant à JUPITER de gérer un volume de données phénoménal, trois fois supérieur au trafic mondial à un instant donné selon Nvidia.
JUPITER se distingue également par son efficacité énergétique. Une de ses sous-unités, appelée JEDI, se place en tête du Green500, le classement des machines HPC aux meilleurs rapports performances / consommation d’énergie. Même si JUPITER reste très énergivore par rapport à un ordinateur classique, il reste relativement économe face à ses concurrents directs.
A quoi va servir JUPITER ?
Cette véritable bombe informatique permettra d’alimenter des travaux scientifiques révolutionnaires. Grâce à lui, les chercheurs européens pourront faire progresser la science du climat, l’IA générative souveraine, les neurosciences ou encore la pharmacologie — autant de disciplines reposant sur des simulations extrêmement complexes et donc très exigeantes en puissance de calcul.
Plus étonnant : JUPITER pourra même contribuer à la physique quantique. Bien qu’il ne s’agisse pas d’un ordinateur quantique, il est suffisamment puissant pour simuler des systèmes jusqu’à 50 qubits. Ces qubits virtuels offrent l’avantage d’être beaucoup plus faciles à exploiter que les qubits physiques, notoirement délicats à manipuler, permettant ainsi des progrès substantiels dans cette discipline prometteuse.
En résumé, JUPITER permet à l’Europe de s’imposer comme un acteur majeur de l’informatique haute performance sur la scène mondiale. Avec sa puissance inégalée sur le Vieux Continent, il ouvre la voie à des avancées scientifiques majeures et sera déterminant pour la recherche européenne dans des disciplines d’avenir.
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